30 mai 2008

VDV 14: tu sors d'où, toi?

Vendredisduvin

14ème rendez-vous avec les Vendredis du vin et, cette fois, il faudra dénicher l'oiseau rare, l'outsider qui coiffe tout le monde sur le poteau, la bouteille surgie de nulle part et que l'on n'attendait pas là, à cette place, à cet instant précis, le cépage incongru, le vigneron extra-terrestre qui produit des divins nectars avec pour seul bagage technique une formation de maître-nageur. C'est Remy, le cousin québecois propulsé à la présidence par l'exquise Lisa (qui, d'après des sources bien informées, nourrit un grand projet en gestation), qui nous soumet ce thème, en phase avec sa nomination. A chacun sa bouteille, voici la mienne!



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Qu'est-ce qu'il fait, qu'est-ce qu'il a qui c'est celui-là? Ben si je le savais! Un vin blanc, c'est une chose acquise. A la bouche un peu marquée par un élevage bois pas encore totalement fondu, mais droite et acidulée. Un Chenin de Loire? Un Melon du Muscadet? Un Chardonnay d'Afrique du Sud? Un Vermentino du Languedoc? Mystère, boule de gomme et papier à mâcher! C'est plutôt bon et bien fait, tendu comme j'aime, avec un soupçon d'enrobage. Mille excuses au vigneron producteur de cette jolie bouteille. Tu sors d'où, toi? Ben, désolé, j'ai pas la réponse! Mais quand même -peut-être?- une petite idée sur la question.



Olif

21 mai 2008

VDV 14: Il sort d'où, lui?

Vendredisduvin

Aussitôt soufflée la première bougie des VDV, voilà que Lisa a un petit coup de mou, peut-être prise d'une subite envie de tour du monde sur Paloma, le yacht de Bolloré. Mais non, je rigole, Lisa! Toute la Bloglouglou te remercie pour ton investissement dans la création des VDV et la pérennisation de l'entreprise.

Tabernacle! Le successeur est un total outsider, un cousin pas encore trop connu par chez nous, mais je sens que des liens vont se tisser bientôt entre les Bloglouglous des deux continents.

A chacun sa bouteille, mais on en a visiblement un certain nombre en commun. Le thème retenu sera donc celui de l'Outsider surgi de nulle part. Vigneron, cépage, vin, inattendu ce jour-là, à cette heure-là et à cet endroit.

Du boulot étonnant en perspective! Copies à rendre pour le vendredi 30 mai. Va falloir faire ficelle!

Olif

25 avril 2008

Les Vendredis du Vin # 13: treize à table!

Vendredisduvin

13ème rendez-vous avec les Vendredis du vin et, cette fois, il faudra réussir à conjurer le sort. C'est la mission que nous a confié Lolo Baraou, dit Lolo 1er, car avant d'être le treizième Président des VDV, il en fut aussi le premier. "Treize à table". A première vue, on pourrait penser qu'il ne s'est pas foulé pour le thème du mois, notre Lolo, surtout lorsque l'on sait que le premier s'intitulait "Moins de douze", mais à la treizième vue, il s'avère qu'il s'agit d'un thème a tiroirs offrant plein de possibilités. 13° sur la bouteille, vin produit dans les Bouches-du-Rhône, par une coopérative de 13 vignerons de 13 ans d'âge, millésime 1913, ou plus aisé à dénicher, un vin du millésime 1995, qui n'a aucun rapport avec le chiffre 13 si ce n'est qu'il a 13 ans d'âge en 2008, raisins vendangés un vendredi 13, à l'aide d'un fer à cheval, une patte de lapin ou un trèfle à 13 feuilles..., bref, tout ce qui fait que ce vendredi-là, on aura XIII à table.

Pour ne pas décevoir Lisa, j'obtempère et ouvre grand ma bouche avant de déboucher le fleuron des Bouches-du-Rhône.

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Un vin qui aura 13 ans en 2011 et qui ne les fait pas encore. Le fruit est encore intact en bouche, parfaitement enrobé par des tanins parfaitement sphériques et amadoués. Je suis presque étonné que cela soit aussi bon et tout à fait à la hauteur de sa réputation. Sudiste de caractère, mais droit, élancé et racé, il en a encore sous la semelle. On peut l'attendre encore quelques années sans crainte. Une bouteille qui m'en a bouché un coin! Vivent les Bouches-du-Rhône!

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Avec le Domaine de Trévallon 1998, il y a du monde au balcon! Et Treize à table, évidemment!
 

Je vais d'emblée entamer ma campagne pour la Présidence des prochains VDV sur le thème suivant:

Les Vendredis du Vin # 14 : Quatourze à table!

Ma réélection ne devrait faire aucun pli!

Olif

28 mars 2008

Les Vendredis du Vin # 12: Gare au Grenache!

Vendredisduvin

12ème rendez-vous avec les Vendredis du vin et cette fois-ci, il faudra faire sienne la devise du TGJP, une secte d'adorateurs de Châteauneuf du Pape: "Il n'est de grand vin que de grenache." Oui, entre autres. Mais pas uniquement. Surtout, il y a aussi d'excellents petits vins de grenache. Sans doute ceux que je préfère. Du qui gouleye, du qui réveille les papilles, du qui chatouille le gosier, du qui tapisse la panse, du qui se boit avec gourmandise, sans qu'il ne soit nécessaire de le décortiquer ou de le psychanalyser. Du vin, quoi! Frais mais viril, franc et sincère, généreux et sans chichi, grenachtement bon, pour résumer.

C'est Geneviève, de Gare aux goûts, qui a choisi ce thème fédérateur qui devrait faire tomber le record de participation aux VDV, catégorie grenache fan-club.

- Domaine de Fondrèche, Les Déments 2001: un beau domaine du Ventoux et une cuvée 100% grenache élaborée uniquement dans certains millésimes. Donc pas tout à fait dans le registre "petit grenache de comptoir". De mémoire, une trentaine d'€ la bouteille, mais soyons fous. Un grenache de ouf, justement, qui possède une rondeur gourmande, avec ses arômes délicieusement cacaotés, légèrement kirschés. Une matière soyeuse, comme une petite culotte en soie. Tout est bien fondu, à point. C'est bon! C'est à qui, la petite culotte?

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- La Gramière 2006: un domaine recommandé par Lolo Baraou, toujours à l'affût des bons coups. Grenache majoritaire, complété par syrah et mourvèdre. Le soyeux, la pulpe et la chair de ce vin, c'est le grenache. Frais et juteux, soyeux, avec une jolie finale relevée, un chouïa épicée, voila une bouteille qui se laisse vider avec bonheur. Ce 2006 n'a pas eu l'agrément en Côtes du Rhône pour une raison obscure mais il surclasse haut la main bon nombre de vins de l'appellation. On en redemande!

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- Petit Jo 2006 de la Roche Buissière: le vin de copain par excellence! 100% grenache à croquer et à siffler. Croquons et sifflons! 6,5€ à Terra Vinéa, LE caviste nature du Haut-Doubs, au pays de la saucisse. Une excellente adresse mortuacienne dont j'aurai l'occasion de reparler, je pense.

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Un VDV grenachtement bon!

Olif




29 février 2008

Les Vendredis du Vin # 11: mes vins ibériques!

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11ème rendez-vous avec les Vendredis du vin et cette fois-ci, il faudra loucher du côté de la péninsule ibérique! François, alias Bacalao,  le grand admirateur de Ferran Adria, le spécialiste de l'embrouillamini culinaire, le roi du Méli-Mélo gastronomique, a décidé de nous faire danser le flamenco dans la cave. Sortez les castagnettes, cambrez les reins, c'est parti! Comme dans Astérix en Hispanie!

"Ayayayayayayyyyyy quel malheur d'être nééééé! Ayyyyyy, ma mère pourquoi m'as-tu fais çaaaa? Ayayayayayyyyyyyyy!"

Olé!

Pour ce nouveau rendez-vous des VDV, je dois reconnaitre que j'ai été un peu olé olé! J'ai raclé les fonds de cave pour dénicher deux bouteilles espagnoles égarées, oubliées, avec lesquelles je ne me suis pas totalement régalé.

"Ayayayayayayyyyyy quel malheur de ne pas s'être régaléééé! Ayyyyyy, François pourquoi m'as-tu fais çaaaa? Ayayayayayyyyyyyyy!"

Olé!

Priorité au Priorato, avec ce Clos Manyetes 1999, à l'élevage encore marqué, vraisemblablement appuyé dès le départ, et qui manque de franchise, de fraicheur, de gourmandise et de buvabilité. Massif et un peu monolithique, il ne correspond plus vraiment à ce que je recherche dans un vin. Honnêtement, ce n'est pas mauvais-mauvais, mais ce n'est pas donné-donné non plus (de mémoire, je dirais plus de 30€).

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"Ayayayayayayyyyyy quel malheur d'avoir refusé la prioritééééé! Ayyyyyy, pourquoi ne pas avoir aimé le Prioraaaaat? Ayayayayayyyyyyyyy!"

Olé!

Au préalable, j'avais jeté mon dévolu sur Tres Picos, un pur Garnacha 2001 de la Bodega Borsao, DO Campo de Borja. Une bouteille que j'ai beaucoup appréciée dans son jeune temps et qui tient encore debout. Le vin possède de la fraicheur malgré la matière et le volume, mais je pense qu'il était destiné à être bu un poil plus tôt. Encore pas mal quand même, ne soyons pas difficile!

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"Ayayayayayayyyyyy quel malheur d'avoir bu Tres Picos trop âgééééé! Ayyyyyy, pourquoi avoir trop tardé à boire le Campo de Borjaaaaa? Ayayayayayyyyyyyyy!"

Olé!

Après ce flamenco endiablé, je danserais bien une petite bourrée, moi!

Olif

 

25 janvier 2008

Vendredis du Vin # 10: buveur d'étiquettes!

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10ème rendez-vous avec les Vendredis du vin et cette fois-ci, il faudra être étiqueté!

C'est Iris, la sympathique et accueillante vigneronne-blogueuse de Lisson qui a croqué dans la fève et qui nous propose de sortir nos plus belles étiquettes pour les mettre sur la table des VDV. Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse? Que nenni, il ne s'agit point là de se piquer la ruche avec n'importe quelle bibine, mais il faut bien avouer que le packaging, pour superflu que cela puisse paraitre, conditionne nos réflexes de consommateurs. Qui voudrait d'une bouteille de Mouton-Rotschild enluminée par un besogneux du pinceau ou un handicapé de la palette? Hein? Qui? Déjà que ce n'est pas facile à boire, si en plus ce n'est pas joli à regarder! Mais je m'égare, on va encore me taxer d'anti-premier-cru-classé-bordelais-iste primaire alors qu'en fait, c'est juste pour rire! Je ne voudrais pas me faire mal voir avant d'aller effectuer un petit voyage d'études en Gironde ce printemps! Donc admettons que je n'ai rien dit, au cas où Mouton figure au programme.

Justement, revenons-y, à nos moutons, et causons étiquettes. Le design, s'il ne doit pas fausser l'appréciation du vin, doit savoir se hisser à la hauteur de ce qu'on boit, jouer la carte de la complémentarité plutôt que de la superficialité. Inversement, ce n'est pas en drapant d'or et de soie une infâme piquette que l'on sortira la viticulture de mauvaise qualité de l'ornière. Difficile de concevoir qu'un nectar puisse se cacher derrière un hideux paravent, laissant transpirer quelque suspicion sur la qualité du breuvage et trahissant le mauvais goût de son géniteur. Bon prince (et bonne princesse, et bonne reine également), Iris, dans sa grande générosité, ne nous a pas demandé de choisir nos plus vilaines bouteilles étiquetées de la cave. C'est heureux, car celles-là, on les carafe volontiers avant d'en recycler vite fait, ni vu ni connu, le contenant dans la benne à verre du quartier.

Alors place aux 10èmes  VDV, après une petite pause récréative:

Il était une fois trois petits cochons qui s'en allaient porter une galette et un petit pot de beurre à leur Mère-Grand alitée. Le Loup blanc, qui avait subodoré leur mission, héla un taxi pour se rendre plus rapidement au chevet de la mémé grabataire. Il tambourina à la porte.

-"C'est nous, Mère-Grand, les trois petits cochons", dit le loup, contrefaisant les trois voix en même temps. "Nous t'apportons une galette et un petit pot de beurre pour t'aider à reprendre des forces."

-"Vous n'entrerez pas si vous ne connaissez pas vos tables d'addition, petits garnements!", chevrota la Mère-Grand." Nif-Nif, 5 + 4=?"

Ayant appris à compter comme un cochon qui grogne, le loup ne se désarçonna pas.

-"Neuf neuf neuf neuf", grouina-t-il derrière la porte.

-"C'est bien! A toi Naf-Naf: 6 + 3=?"

- "Neuf neuf neuf neuf", grogna-t-il en imitant Naf-Naf.

-"A toi, Nouf-Nouf, plus difficile maintenant! 4 + 4=?"

Pris au dépourvu, le loup s'en mordit les lèvres violemment!

-"Uiiiit! Uiiit!", goreta-t-il comme si on l'égorgeait.

- "C'est bien mes petits gayots. Tirez la chevillette et la bobinette cherra!"

A ces mots, le Loup blanc ne se sentit pas de joie, ouvrit un large bec et croqua sa proie. Les trois petits cochons, arrivés un peu tard dans la soirée, pour cause de grève de la RATP, en firent également la douloureuse expérience. La Mère-Grand et Les trois petits cochons, c'est le Régal du Loup, Le Loup Blanc du Minervois, qui appose sa grosse papatte sur des étiquettes qui font le régal des yeux.

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Pour l'occasion, pris d'un accès subit de gérontophilie vinique en même temps que d'une soif de loup, j'ai croqué la Mère-Grand 2004 et recraché les lunettes. 40% grenache, 40% carignan, 20% syrah, un joli fruité velouté, de la tendresse et du croquant craquant, des petits tanins soyeux, voilà une bouteille impeccable, aussi séduisante au dedans qu'au dehors.

Les Trois p'tits C.. 2003 (40% grenache, 35% carignan, 20% tempranillo, 5% alicante), goûtés il y a peu, affichent une rusticité plus affirmée et méritent peut-être encore un peu de temps pour que leur couenne s'attendrisse.

Olif

28 décembre 2007

Vendredis du Vin # 9: le vin à l'affectif

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9ème rendez-vous avec les Vendredis du vin et cette fois-ci, il faudra être affecté!

C'est Estèbe, l'inénarrable Mr Slurp de la blogloumiam, par ailleurs réfugié politique et journalistique au bord du Grand Lac, pourfendeur du vino-gastro correct et grand dévoreur de cassoulets devant l'éternel, qui s'y frotte et ne devrait pas s'y piquer. Au fond, l'Estèbe, il est très fleur bleue, derrière la causticité de sa plume. "Votre vin à l'affectif", qu'il nous dit. Une bouteille qu'on aime pour toute autre raison que parce qu'il est bon. Même l'infâme piquette du Tonton Henri, dont on a eu la malchance d'hériter de la cave. Tout un stock de bouteilles dans des millésimes difficiles, pour être poli, ayant depuis longtemps dépassé leur apogée et entamé une lente et inexorable descente aux enfers de la cave, de l'anti-vin tout juste bon à finir dans une sauce quand ce n'est pas à l'évier, mais des bouteilles que l'on aime et que l'on garde précieusement, en souvenir des bons moments passés à sauter sur les genoux du tonton lorsque l'on était enfant. Oui, ses genoux. Et que, surtout, on idéalise, se gardant bien de les ouvrir. Les bouteilles. Des Arbois 1984, 1980, 1977... qui remplissent les casiers, pour les siècles des siècles! Les 82, 83, 85, 88, on les a sifflés il y a déjà longtemps, pas fou, non!*

Et puis, il y en a d'autres, bues il y a un bail aussi, et que l'on conserve pieusement sur sa cheminée, comme un trophée, à côté des cendres du grand-père. Un cadavre de bouteille embaumé, empaillé, destiné à passer à la postérité et à récolter une larme chaque fois que l'on époussette les meubles du salon. Cette bouteille-là, je ne l'ai donc pas débouchée pour l'occasion, mais c'était , dans un billet qui sent un peu la naphtaline et que l'on pourrait sous-titrer désormais "L'enterrement d'un grand mythe" ou "Regrets éternels bordelais".

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Pétrus 1987, le seul Pétrus non bouchonné que j'ai eu l'occasion de boire de toute ma vie! J'en ai encore le palpitant qui ne palpite plus. Boire Pétrus et mourir. Puis le momifier sur le buffet et se génuflexer deux fois par jour en passant devant. Enfin, dans un troisième temps, ressusciter, se détourner des grands crus classés de Bordeaux, région des premières amours bacchiques, pour revenir à des vins plus vivants, sincères et moins chers. J'en suis encore tout affecté! Heureusement qu'il y a de quoi boire ailleurs!

Comme il fallait bien en déboucher une pour de vrai, entre Bordeaux et Bojo, il n'y a qu'une sonorité de différence. Cocorico pour ce Vin de Pays, des Gaules et de Marcel Lapierre, une pressée de raisin sur la langue. Rarement étiquette n'aura été aussi juste et suggestive! Je l'ai encadrée pour la suspendre au dessus de mon lit.

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Affectueusement, Monsieur le Président!

Olif

*Toute ressemblance avec un vague cousin Henri ayant existé n'est que purement fortuite, je dis ça à l'intention des gentils lecteurs qui connaitraient un peu ma famille, afin qu'ils ne rapportent pas toutes les horreurs que j'écris aux oreilles de ma môman, heureusement devenue légèrement sourde avec l'âge.

30 novembre 2007

Vendredis du Vin # 8: retour aux sources

Vendredisduvin

8ème rendez-vous avec les Vendredis du vin et cette fois-ci, il faudra se ressourcer!

C'est Lisa, la charmante et dynamique présidente des VDV, qui s'y colle, et elle nous51b1mwfolml_aa240_ propose un sujet très politique: les indigènes! Pas les peuples, ni même Djamel et sa bande de soldats, recrutés par une France peinant à se débarrasser des relents nauséabonds du colonialisme. Un temps pourtant béni pour les chèvres bêlantes, certaines pleurant maintenant "leur légionnaire" dans le désert et d'autre les ficelles de leur képi.

Mais tout cela nous éloigne une fois de plus du sujet initial. Un excellent sujet qui nécessite en préambule une petite explication de texte: qu'est-ce qu'un cépage indigène? Une grappe de raisin qui s'écrie :"Pitié, B'wana!" quand on la coupe? Que nenni, Tintin au Congo, c'est de l'histoire ancienne, comme cela a déjà été démontré plus haut! Pour faire clair, on considèrera comme cépage indigène tout cépage historiquement attaché à une région, même si ses origines très lointaines sont ailleurs. Une certaine adéquation entre un cépage, un terroir et un homme, qui eut la volonté de l'y implanter, et surtout l'alliance de la culture, de l'Histoire et du goût. Sans doute une forme de "terroirisme" pacifique, le nouveau mot à la mode dans les salons où l'on cause du dernier livre de Jonathan Nossiter, mais contrairement à ce que dit le proverbe, où il y a de l'indigène, il y a du plaisir!

J'avais promis du valaisan en pagne, mais vous n'en aurez pas, désolé! Il faut bien prendre son lectorat à contrepied de temps en temps, pour préserver le suspense!

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On va tout d'abord se pencher sur le cas du Romorantin, cépage importé de Bourgogne par François Ier, un roi qui n'avait pas peur de marcher dans la boue, pour en planter autour de sa résidence de Romorantin, dans le Loir-et-Cher, ce qui lui a donné son nom. Au vu de l'explication ci-dessus, nous considèrerons donc qu'il s'agit d'un indigène de Touraine, puisqu'on ne le trouve apparemment plus qu'ici, les Bourguignons ayant définitivement jeté l'éponge et renoncé à leur droit filial. L'appellation Cour-Cheverny en a d'ailleurs l'exclusivité, même si ça peut faire un joli vin de table, aux notes de foin coupé, au caractère racinaire un peu marqué, mais à la droiture acide imposante. Le portrait craché de celui de Thierry Puzelat, millésime 2004, une véritable curiosité! Etonnant, même, pour tout dire!

Un seul vin, ce serait un peu juste et pas dans mes habitudes, alors, je vais être obligé de tricher un peu et sortir de ma manche plein de cépages indigènes d'un coup. Des rustres, des mal-peignés, un peu repoussants, tout à fait imaginables comme figurants dans un nouveau remake de King-Kong made in Revermont. Du Gouais, de l'Enfariné, du gros et du petit Béclan, du Gamay noir, que sais-je encore..., du Poulsard peut-être même bien? Tout ça dans une seule et même bouteille de limonade. Trop fort!

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J'ai soif! nous dit-elle, en pétillant à donf. Naturellement, cela va de soi, et cette fraîcheur bullante, fruitée et revigorante sied parfaitement bien à ces cépages jurassiens ancestraux et oubliés. Une production Jean-François Ganevat, dans la Combe de Rotalier (39), de l'indigène premier choix, un vin à ne pas laisser traîner dans n'importe quelle papille.

Olif

26 octobre 2007

Vendredis du Vin # 7: votre accord inratable!

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7ème rendez-vous avec les Vendredis du vin et cette fois-ci, il y aura à boire et à manger!
Eric B. a pris la présidence et sa première mesure a été que ses sujets se régalent! "Votre accord inratable!", a-t-il suggéré! Eh bien!, régalons-nous!

Petit préambule: qu'est-ce qu'un accord inratable? Plusieurs possibilités, en fait! Prenons un plat, par exemple. N'importe quel plat, mais pourrave! Dég', imbouffable, juste bon pour le chien qui lui aussi fait la fine bouche. Associons-lui une piquette, mais une vilaine, du genre de celle qui fait se déchausser les dents en moins de temps qu'il ne faut pour avoir un rendez-vous urgent chez le dentiste. Eh bien!, l'association des deux, c'est inratable! Encore pire que si on avait bu de l'eau ou rien mangé! On parle également d'accord irréfragable, parce qu'il est absolu. Absolument raté, dans le cas présent, parce qu'il n'y en a pas d'autre pire que cela. Par ailleurs, il est également dirimant, c'est-à-dire que lorsque cet accord qui se dit inratable est raté, il est automatiquement et pleinement disqualifié. Il s'agit d'une adaptation personnelle et totalement libre de la méthode JBDLS*, développée dans le seul but d'embrouiller encore un peu plus Lisa qui ne va rien comprendre à ce que je raconte, comme d'habitude, mais aujourd'hui, elle ne sera pas la seule! Je n'ai pas d'exemple concret puisé dans mon vécu à exposer, (mal)heureusement! Accord inratable suivant!

Le deuxième type d'accord inratable, c'est l'accord de saison, également appelé accord de raison, souvent superposable à l'accord de région. Associer une côte de cerf rôtie à un verre de Côte-Rôtie, par exemple, c'est irréfragable! Pour ne pas dire dirimant, même si ça ne dirime à rien. Mais ça aurait pu!

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Une Brune et Blonde 1998 de chez Guigal, fondue, animale, mais encore très Syrah (comprendre sans arômes d'évolution, ni de faiblesse structurelle), ne s'en laissera pas compter par la bête, qui elle n'a pas non plus envie de se laisser dompter. Les deux s'observent, se jaugent, s'épient, jusqu'à ce que j'empoigne ma fourchette et soulève mon verre. Côte contre Côte, mais sans heurts! Tout bu et tout mangé!

L'accord inratable du troisième type, c'est l'accord extra-terrestre! Celui venu d'ailleurs, d'autre part que la terre. De la mer, pourquoi pas?

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Une douzaine d'huîtres n°3 de Gillardeau, associées à un Chablis Grand Cru 2003 Les Clos du domaine William Fèvre, par exemple. Avec une tartine au beurre demi-sel fumé de Mr Bordier, tout de même! La terre, la mer, le sel fumé, la vache, la coquille d'huître, le calcaire du Kimmeridgien, de la finesse iodée, des notes beurrées, du gras et de la vivacité, une tension acide suffisante malgré le millésime, tout se fond dans la bouche à tel point qu'on se surprend à tremper sa fourchette à huître dans son verre et boire le vin à même la coquille! Inratable, je vous dis!

Olif

*Méthode exégétique empirique un peu obscure, sans laquelle aucune découverte irréfragable n'est permise, et appliquée par certains pour découvrir la localisation de la bataille d'Alésia. Ce qui fait que l'on est encore dans le brouillard complet, rien d'étonnant à cela!

 

28 septembre 2007

Les Vendredis du Vin # 6: votre 20 tout 9!

vdv_logo1Les VDV, le retour, après une pause estivale propice aux découvertes. En principe, parce que la fraîcheur aoûtienne n'incitait pas à trop à se découvrir. Mais Gildas, du cercle de Maigremont aimerait bien connaître nos bouteilles estivales toutes neuves, celles que l'on n'a pas hésité à goûter pour la première fois, bravant le froid et la pluie. Notre 20 tout 9, en jargon mathématicien. Dur, comme sujet de rentrée, le blogueur consciencieux n'ayant pas hésité à publier au creux de l'été, çà et là, quelques notes au sujet des vins consommés pour se réchauffer. Il va falloir lui trouver de l'inédit, à Gildas! Pas simple! Mais on va chercher! De l'inédit ou presque, dans un premier temps, avec un vin non encore commenté en provenance d'un domaine "découverte de l'année" en ce qui me concerne, tout ça grâce à Saint-Antoine. Peut-être pas mon préféré parmi leur production, mais un vin intéressant!

Mon 20 tout 9 a moi s'appelle donc 9neS. A moins que je ne tienne la bouteille à l'envers. Ah! oui, pas bête! Au temps pour moi! Sau6, va! Il n'en manque que 3! C'est un vin de table du domaine Saurigny et c'est un sauvignon, tout le monde l'aura supputé!

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Un nez sur la pomme, une bouche franche et ronde, gourmande, par la présence d’à peine de résiduel, une finale croquante, agaçant un peu les gencives, du fait de la présence d’acidité volatile. Sur le versant oxydatif et pas très oenologiquement correct, ce Sau6, mais cela contribue à son charme. Un sauvignon bien mûr, sans notes variétales, dans un style résolument nature, complètement débridé, dont la gourmandise incite à l’indulgence. A déconseiller aux amateurs de sauvignons classiques et au Fan-club de Michel B..

Sinon, j'ai trouvé 1 autre 20 tout 9 le week-end dernier, près de Chinon, à 8smes, très exactement. Mathématiquement, ce n'est pas très loin et ça devrait pouvoir le faire, surtout que j'ai goûté 1 blanc et 1 rouge.

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2 vins de table 2005, produits par 1 couple de vignerons naturels et gouailleurs, Florent et Claire Bejon, des Caves Sauty à Huismes. La Gouaille, c'est le nom du vin, et ils y ont apposé leurs mains. Le blanc, c'est un beau chenin sur le fruit, tonique, à l'acidité mordante en attaque, mais avec une belle maturité de raisin. 1 vin stimulant pour les papilles! Le rouge, c'est 1 beau cabernet franc, présentant une réduction première au nez, mais développant par la suite 1 superbe fruit, charnel et pulpeux, avec une belle acidité fraîche, de la gourmandise et des petits tanins croquants en finale. 2 vins "coup de coeur", recommandés par les Caves Voltaire à Chinon, et je plussoie.

Pour une rentrée, c'est déjà pas mal, mais j'en ai d'autres en stock. Un genre de VDV # 6 permanent à venir, en fait!


Olif

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