25 mai 2008

Ça plane pour Vieux Château Certan, un Pomerol aérien!

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Après Saint-Emilion, Pomerol, pour une ultime visite de domaine lors de cette virée en rive droite. On reste sur le plateau argilo-calcaire, direction Vieux Château Certan. Un petit malentendu lors de la prise de rendez-vous aurait pu nous priver de l'accueil d'Alexandre Thienpont, mais tout s'est finalement arrangé, et ce dernier eut en plus à coeur de se faire pardonner ce petit embrouillamini.

Dans la famille Thienpont depuis près d'un siècle, Vieux Château Certan trace sa route sereinement parmi les Grands Crus les plus prestigieux, jouant sur la sincérité et l'authenticité. Pour Alexandre Thienpont, le vin dans la bouteille reflète évidemment son terroir, mais un peu aussi, inconsciemment, de la personnalité de son géniteur. Et de nous citer untel, vigneron à la carrure de rugbyman, qui produit des vins carrés et massifs, à son image. Sans me tromper, je peux donc affirmer que ça plane pour Vieux Château Certan et qu'il s'agit de l'un des vins de Pomerol les plus aériens qui soit.

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Grande première depuis que nous visitons régulièrement des domaines bordelais huppés, Alexandre Thienpont s'empare d'une pipette et nous allons déguster le 2007 à même la barrique, l'assemblage final étant déterminé dès le départ. 70% merlot, 30% cabernet franc. Un vin au fruité frais et naturel, à la trame soyeuse, gourmande, et qui se laisse boire déjà avec délice.

Et puis, toujours dans le chai à barriques, nous aurons la chance d'apprécier le 2006, suave, frais et précis, d'une grande netteté en bouche, le 2005, issu d'une année merlot, au fruité très pur, alliant finesse, fraicheur et élégance, malgré la richesse du millésime, et enfin le 2004, à la gloire du cabernet franc, droit, classique, encore un peu serré mais d'une grande beauté formelle.

Quatre millésimes particulièrement réussis et maitrisés ici, le fruit d'un travail méticuleux axé sur la précision et la fraicheur.

Olif

                                                                                                                                                       

23 mai 2008

Le bonheur est dans le pré ... et la vérité dans l'Overnoy!

Il est des instants privilégiés dans la vie d'un amateur oenophile. De ceux où l'on entend des mouches voler, même s'il n'y a pas de mouche. Réunis par Pierre Overnoy au lieu-dit En Chaudot, une poignée de privilégiés (vignerons, sommelier, restaurateurs, chocolatier, épaulés par de simples amateurs particulièrement vernis) a reçu l'enseignement du Maître, délivré dans la plus grande simplicité et en toute modestie. Moment convivial et ludique, mais concentration et sérieux exigés pendant la dégustation. " On doit entendre voler une mouche, même s'il n'y a pas de mouche!" assène rituellement avec un petit sourire Pierre Overnoy, avant de partir chercher une mystérieuse carafe dans le cellier.

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"N'oubliez pas de me donner la marque des pneus du tracteur..."

Prompt à la détente, Fanfan Ganevat dégaine un magnum de derrière les fagots, en guise de "fait-la-bouche":

- Côtes du Jura Grands Teppes Vieilles Vignes 2006: minéral, tendu, droit, tonique (une pointe de CO2), cristallin en bouche et d'une grande pureté. C'est riche (14,6° naturel), mais c'est frais et exemplaire. Une future bouteille d'anthologie, lorsqu'elle sera en vente. Une mise en bouche de premier choix!

Place à la dégustation concoctée par Pierre. Les blancs sont dégustés en premier, à l'aveugle, avec plusieurs missions à remplir. Premièrement, la franchise: toutes les appréciations sont sollicitées, y compris les moins bonnes, même si ce sera dur de trouver des griefs aux vins présentés. Deuxièmement, risquer un pronostic sur "le cépage, le millésime et la marque des pneus du véhicule qui a transporté le vin". En ce qui concerne l'appellation et le producteur, tout le monde a eu bon: Arbois-Pupillin, Pierre Overnoy. A signaler que, hors les vins jaunes, tous les vins du domaine dégustés sont des vins ouillés, chardonnays comme savagnins.

Aussitôt servi, aussitôt humé! Oui, Pierre! 0,8 seconde pour prendre le premier nez d'un vieux vin, il ne fallait pas se laisser distraire. Même pas par un escadron de mouches volantes.

- Arbois-Pupillin Vin Jaune 1959: premier nez fugace sur la croûte de fromage, puis le moka, évoluant sur des notes de pétrole et une petite touche métallique. Bouche d'une finesse remarquable et d'une grande longueur, qui repart pendant longtemps après que le vin ait été dégluti et/ou recraché. Tout au plus peut-on lui reprocher un petit creux, une faiblesse passagère en milieu de bouche. Un vin qui évolue par vagues successives, dans l'espace et dans le temps. Tout le monde s'accorde à lui trouver de l'âge, mais de là à en faire un quinqua! Pour une entrée en matière...! Où cela va-t-il nous mener?

- Arbois-Pupillin 1990: robe dorée à reflets rosés. Nez sur l'écorce d'orange, les épices, soyeux, complexe. En bouche, matière riche et caressante, onctueuse et arrondie, sur une finale toujours vive et tendue. Chardonnay? Savagnin? Les avis sont partagés! Mais à l'unanimité il s'agit d'un superbe vin! Et bel et bien d'un chardonnay.

- Arbois-Pupillin 1989: une nouvelle fois un nez extrêmement complexe, sur l'orange confite (une note qui s'avèrera caractéristique de l'évolution des vins, qu'ils soient ouillés ou pas, chardonnay ou savagnin), l'amande, l'anis étoilé, le pamplemousse rose. Bouche suave et voluptueuse. Finale sur la moka, d'une grande douceur, un peu évanescente, avec une pointe d'alcool. Un millésime de grande maturité, récolté à 14,6° naturels. Beaucoup de raisins ont été confits (plutôt que détruits) par des attaques de cochylis (le ver de la grappe), apportant ces notes presque rôties.

- Arbois-Pupillin 1987, Vieux Savagnin Ouillé (pendant 7 ans): premier nez sur la croûte de fromage, fugace, puis cake au raisins et épices. La bouche possède une grande tension acide, équilibrée par un côté miellé. Perception d'acidité volatile, qui est au service du vin, plutôt que le contraire, le rendant particulièrement digeste.

- Arbois-Pupillin 1989, Vieux Savagnin Ouillé (pendant 11 ans): le nez met du temps à venir, puis délivre progressivement de belles notes d'écorce d'orange, de malt. La bouche est ciselée, fuselée, malgré une structure un peu serrée. Droiture et finale salivante, impeccable, un vin qu'il faut savoir aller chercher et qui n'a pas l'immédiateté des précédents. Un des plus beaux Savagnins vinifiés par Pierre, d'après lui. Et qu'il faudra encore attendre pendant longtemps.

- Arbois-Pupillin Vin Jaune 1989 : robe ambrée, nez évoquant un vieil Armagnac, sur les raisins de Corinthe et l'écorce d'orange. Ce n'est pourtant pas un alcool, "ça sent même un peu le vin!". L'équilibre est magistral en bouche, d'une grande finesse et d'une infinie longueur, sans caractère démonstratif. Une évidence, l'esprit du Savagnin, un vin qui a basculé sur la période sotolon, l'ester responsable des notes fines d'épices et de curry. "Toute la noblesse de l'amer", un vin au début de sa carrière. Bienheureux ceux qui en possèdent en cave. 30 années séparent les deux clavelins dégustés, permettant d'apprécier tout le chemin parcouru et la lente maturation en bouteille de ce divin nectar.

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Concentration, concentration! On entendrait une mouche voler dans le verre de Fanfan...

Entracte. Avant d'attaquer les rouges, qui seront dégustés à table, Fanfan a grillé quelques nouvelles cartouches.

- Savagnin ouillé 2007, Fanfan Ganevat: nez fumé, épicé, avec des relents de céleri en branches. " Y'en a la moitié dedans" ricane Fanfan, "je me suis mis à faire un potager!" Du gras, de la richesse et du fruit, presque une gourmandise déjà prête à boire, alors qu'il n'est qu'aux prémices de son élevage. Personne ne l'imagine aussi jeune.

- Savagnin ouillé 2004, Fanfan Ganevat: nez grillé, toasté, présentant un peu de réduction. Bouche tonique, du gaz à peine perceptible. Un vin tendu, droit et minéral, avec une finale acidulée sur les agrumes.

- Arbois Chardonnay Saint-Paul 1976, Camille Loye: nez présentant des signes d'évolution mais encore très frais, sur le cake au raisins, la noisette, l'orange confite. Bouche droite, enrobée mais tendue, avec une certaine puissance. Encore largement debout, peut-être à peine altéré par un bouchon déficient, car certains ne l'ont pas reconnu à sa véritable valeur.

- Côtes du Jura Trousseau Plein Sud 2007, Fanfan Ganevat: nez carbonique, offrant beaucoup de fruit, typé "sans soufre". Frais, digeste et gouleyant, l'archétype du vin parfait à boire. D'ailleurs, on en a bu.

- Côtes du Jura 2007, Pinot noir Z, Fanfan Ganevat: plus coloré, charnu, vivifiant (encore pas mal de gaz), il goûte plutôt bien en ce moment, livrant une belle pureté de fruit en bouche.

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Y a pas, sommelier, c'est un vrai métier!

Les mouches ayant terminé leur pause syndicale et repris leurs figures aériennes, retour à la concentration et à la dégustation. Mêmes règles du jeu: appellation, producteur, cépage, millésime et les roues du tracteur...

- Arbois-Pupillin 1989, En Chaudot: robe encore soutenue, légèrement orangée. Nez ouvert, sur la cerise. Un bien joli fruit! Bouche vive et tonique, fine et élégante, dans laquelle on relève toutefois quelques notes d'évolution. Cela tient encore largement debout, et se donne même des airs de vieux Volnay. C'est un Ploussard, évidemment, un pur jus de goutte récolté au lieu-dit En Chaudot, où nous nous trouvions pour déguster, une vigne actuellement arrachée et qui n'a pas été replantée.

- Arbois-Pupillin 1989, Huguenette : il pouvait s'agir de la même bouteille que précédemment, mais pas tout à fait, le terroir diffère et les vins ont été élevés séparément, même si de façon identique. Nez sur la prune, net et précis, bien défini. Bouche tout en fruit, soyeuse, chair veloutée. Très jeune dans l'esprit, moins évolué que le précédent et très élégant. Avantage Huguenette pour la jeunesse.

- Arbois-Pupillin 1976 : robe très soutenue, sanguine. Nez complexe, évolué, un peu chocolaté. Encore beaucoup de fruit et une bouche nette, droite et élégante. Un vin qu'il faut aller chercher, par petites touches, parce qu'il ne se livre pas spontanément, mais un vin superbe avec encore du potentiel.

- Arbois-Pupillin 1990 : robe toujours sombre, nez fruité sur la cerise, bouche tonique avec une petite pointe d'amertume en son milieu, qui me dérange à peine, mais la fraicheur est incroyable pour un vin de cet âge.

- Arbois-Pupillin 1986 : nez sur les fruits à noyau, avec une note métallique gênante. Bouche déséquilibrée, un peu végétale, avec persistance de gaz et l'alcool qui ressort. Tout cela est un peu dissocié, même si le vin est toujours concentré et debout. Un problème de bouteille n'est pas exclu, car ce 86 ne se goûte généralement pas de cette façon. Dommage...

- Arbois-Pupillin 1979, Guy Overnoy : la robe est plus claire, rubis orangée, revenant sur des standards plus classiques en matière de ploussard. Le nez est fruité, frais, acidulé. La bouche est au diapason. Il persiste une pointe de gaz, apportant tonicité et fraicheur. Un bien beau ploussard "comme on aime", résistant aux ans, désaltérant. Cette bouteille a été produite par le frère de Pierre Overnoy.

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Le Sud-Revermont en force! Allez Fanfan, allez Juju, allez Rotalier!

Fin de la dégustation, les escadrilles de mouches peuvent atterrir. Que dire après un tel moment, si ce n'est rester bouche bée et gober les mouches qui volent encore, même s'il n'y a pas de mouches? De très grands vins, en blanc, en rouge, en jaune, un feu d'artifice de toutes les couleurs! Et surtout des vins qui tiennent la distance, indestructibles malgré une vinification "nature" et sans soufre depuis toujours.

Avec le fromage, il fallait bien revenir sur quelques savagnins, alors direction Château Chalon, pour une déclinaison de trois millésimes: 2001, totalement déclassé, 1999 et 1985. Du domaine Macle, bien sûr, et ce fut superbe, comme à l'accoutumée, mais plus la force de prendre des notes, juste celle de s'abandonner dans le sotolon et les effluves d'épices, de malt, de curry et de moka.

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Un Château Chalon 1985, on ne va quand même pas le cracher dans le seau!

Et puis une dernière gâterie avec le dessert, après un Malaga en Solera, un "magnum" de Vin de Paille 1989 du domaine Labet, à la superbe tension acidulée.

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75 cl de pure gourmandise, un véritable magnum... de Paille!

Aucun doute, en cette délicieuse soirée, le bonheur était dans le pré... et la vérité dans le verre. Nul doute que lors du "procès" de Pierre Overnoy, lors du prochain Goutatou d'Arbois, la partie civile aura fort à faire!

Olif







18 mai 2008

Coup de Coeur de Foudre au Jonc Blanc

Coup de Coeur, Coup de Foudre, Coup de Coeur de Foudre...

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Voluptueux, sensuel et charnel Vin de Table (du bergera quoi?), ce Coeur de Foudre 2005 est un dangereux séducteur. Des arômes de petits fruits noirs, une bouche charnue, des tanins accrocheurs, et, au final, une remarquable fraicheur. Victime d'un double désagrément (rejeté de l'appellation et contraint de changer de nom), il est récompensé largement par l'agrément que l'on a à le boire. 100% Merlot, vinifié de façon plutôt naturelle, en vieux foudre, et voilà le résultat!

Flash-back. Vélines, commune de l'AOC Montravel, Dordogne. Prononcer Mon(t)ravel, comme dans Mon(t)rachet, ou encore comme l'auteur de Mon Boléro. Copieusement arrosées par des averses intermittentes, les vignes voient la végétation proliférer. Contrairement à celles arrosées de désherbant, où c'est plutôt le contraire, comme on peut s'en douter.

Au Jonc Blanc, les coquelicots viennent apporter une petite touche de couleur et de gaité à ce printemps maussade.

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La rencontre avec Franck Pascal fut un peu improvisée par Eric B. à l'heure de l'apéritif. A boire avant de manger,  finalement! Déguster, plutôt, à même la cuve. Un véritable sport pour accéder au goulot ou à la bonde, mais Franck s'y entend plutôt bien.

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Tous les rouges dégustés (2006 et 2007) allient fraicheur, densité et gourmandise. Pas de notes plus précises, vivement la mise en bouteilles ou en magnum qu'on y regoûte! Qu'il s'agisse de Les Sens du Fruit ou de la future cuvée qui devrait porter tout simplement le nom du domaine. En blanc, coup de coeur (de foudre?) pour Acacia 2006, un Sauvignon d'exception, récolté à belle maturité, hors des canons habituels pour ce cépage, mais tellement bon!

Olif

P.S.: à lire également sur le domaine du Jonc Blanc

12 mai 2008

Plus d'un tour dans son Agassac!

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Château d'Agassac, Ludon-Médoc. Encore une propriété placée sous le signe du renouveau! Plus de 10 années qu'une nouvelle équipe dirigeante a été mise en place par le propriétaire actuel, Groupama, avec pour objectif de redresser la barre et de promouvoir le domaine et ses vins. Un véritable conte de fées, en fait. Il était une fois un fort joli château du Médoc qui tombait en ruines. On raconte qu'une belle princesse endormie vivait à l'intérieur, n'attendant que son Prince Charmant pour ouvrir un oeil. Ce qui fut fait en 1997 avec l'arrivée du dynamique Jean-Luc Zell, qui a sorti plusieurs axes de travail de son Agassac à malices. Le premier, évidemment, ce fut la remise en état du vignoble et des chais, afin d'avoir à disposition un vin de qualité, conforme à son rang, raison d'être de la propriété. Ensuite, place à la restauration du Château, à l'architecture superbe, pour en faire un lieu de séminaires et de conférences mis à disposition des entreprises qui le souhaitent. Et enfin développer une politique d'oenotourisme efficace, déjà récompensée deux fois par un Best of Wine Tourism, pour rentabiliser l'investissement au mieux. Un triple challenge réussi avec brio par Jean-Luc Zell, apte à réunir l'amateur de vins, le cadre supérieur en formation et le père de famille désireux d'occuper sa progéniture intelligemment, l'un n'empêchant pas l'autre et réciproquement.

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Ce n'est pas pour participer au jeu de pistes à la recherche de la Princesse endormie que nous nous sommes rendus au Château d'Agassac. Evidemment! Ni pour écouter parler des mille et une façon de  placer un contrat d'assurance-bateau à quelqu'un qui a le mal de mer. Que nenni! Mais plutôt pour découvrir et goûter le vin qui y est produit, pardi! Parce qu'il parait que "D'Agassac, c'est un Bordeaux agaçant". Qui refuse la standardisation ,la mode, le conformisme. Voilà un esprit qui ne peut que nous plaire. Et ça nous a plu.

Le fil conducteur de la dégustation qui va suivre, c'est la fraicheur et la buvabilité. Terme probablement galvaudé ailleurs, mais plus rarement entendu dans le Bordelais, où la course à la concentration et au boisage surchauffé fait rage. Un vin bâti sur la finesse et l'élégance (assemblage de 25% de fût neuf en moyenne, 50% de fût d'un vin et 25% de cuve), qui peut s'apprécier jeune. Nous dégusterons en tout 10 vins, de 2000 à 2007 au préalable, dans l'ordre croissant des millésimes pour mieux apprécier tout le travail accompli. On verra que 2004 constitue un véritable tournant. 1998 et 1999 seront dégustés au cours du repas. Deux millésimes à point, bien appréciés en mangeant, mais qui ne seront pas commentés plus que cela, le carnet et le stylo ayant pris également leur pause syndicale.

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- Château d'Agassac 2000: nez très fin, trame fine et fondue en bouche, belle finale juteuse. De le fraicheur et du plaisir pour un vin qui possède beaucoup d'élégance.

- Château d'Agassac 2001: nez très mûr, sur la prune, le tabac. Bouche pleine et charnue, tendue, minérale. Finale droite et à peine austère. Un beau vin en devenir, qu'il faut attendre encore un peu.

-Château d'Agassac 2002: nez très net, sur le fruit et le réglisse. Tanins souples et ronds, finale à peine courte.

- Château d'Agassac 2003: l'année de la canicule, celle où il fallait faire des choix de vinification très particuliers et un peu aléatoires. Cuvée constituée de 82% de Cabernet Sauvignon, les merlots ayant un peu grillé sous le soleil. Le nez est lui aussi un peu grillé, puissant, chaleureux. La bouche est fraiche malgré la concentration. Sudiste dans l'esprit, il tire plutôt pas mal son épingle du jeu.

- Château d'Agassac 2004: contient une plus grande proportion de cabernets, ceux replantés en 1997 étant devenus suffisamment qualitatifs pour être intégrés au grand vin. Droiture et élégance, fraicheur et netteté en bouche, tanins veloutés et fins, longue finale intégrée, voilà l'archétype du vin recherché par Jean-Luc Zell. Les efforts fournis depuis la reprise en main commencent à payer et se ressentent dans le vin.

- Château d'Agassac 2005: nez intense, matière enrobée et concentrée, finale fraiche et acidulée. Un vin superlatif encore sur la réserve, qu'il faudra attendre patiemment en cave.

- Château d'Agassac 2006: joli fruit au nez, structure aboutie, à la trame fine et au soyeux incomparable. Très beau vin.

- Château d'Agassac 2007: 50% CS, 50% Merlot. Sur le fruit, tanins souples et enrobés, sans agressivité, un peu de mâche en finale, mais le fruit reste frais et revient bien.

Sans aucun doute, avec Groupama, Agassac est devenu le Haut-médoc qui assure! C'est rassurant pour l'avenir de la propriété.

Olif

11 mai 2008

François Despagne à Grand Corbin: la vigne est son jardin!

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Situé sur le plateau argilo-sableux de Saint-Emilion, limitrophe de Pomerol, Grand Corbin Despagne vient tout juste de retrouver son lustre d'antan dans le classement 2006 des vins de Saint-Emilion. La mention "Grand cru classé"  figure à nouveau sur les caisses bois du millésime 2006, tout juste mis en bouteilles et préparé pour l'expédition, le jour de notre visite. Un rétablissement de situation dont François Despagne n'est pas peu fier, cela se sent. Car son travail acharné pendant 10 années à la tête du domaine a payé. A juste titre. Amoureux de la vigne et du sol, il a tout mis en oeuvre pour que Grand Corbin redevienne un vrai vin de terroir. Un vrai boulot de jardinier! La compréhension du sol et du sous-sol, élément-clé de la compréhension du vin futur, fut l'une de ses préoccupations premières. D'abord en creusant des fosses pédologiques sur toutes les parcelles qui composent le terroir de Grand Corbin, ce qui lui a permis d'étudier la façon dont il fallait gérer la vigne: densités de plantation, enherbement ou pas, adéquation entre cépage, sol et sous-sol... Puis en concentrant ses efforts sur la production de beaux raisins, aptes à donner de beaux vins, avec un gros travail à la vigne.  "On n'est pas dans la Wine industry, ici!" Travail en lutte raisonnée certifiée, avec quelques essais en bio sur certaines parcelles. Pour comprendre et évaluer. En fonction des résultats obtenus, une conversion pourrait tout à fait être envisagée, mais cela se fera de toute façon en douceur.

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Leçon d'épamprage sous une petite pluie intermittente

Ben oui, ici, on n'est pas dans la Wine industry, comme aime à le répéter François Despagne, mais on élabore le plus "pomerolais des Saint-Emilion". Un vin tout en élégance et en raffinement, dont les progrès ne sont qu'aux balbutiements, tant le potentiel est grand, un vin fait pour être bu et qu'il fait bon boire, car élaboré dans cet esprit de fraicheur et de buvabilité, un terme à la mode que l'on ne retrouve encore que fort peu dans la bouche des oenologues ou maîtres de chais bordelais, un peu trop inféodés à un certain système de notation.

Grand Corbin Despagne 2004: fin, élégant, tanins relativement souples, équilibre frais. Très bon.

Grand Corbin Despagne 1999: nez épanoui, sur la truffe et les épices, la marque du merlot, qui représente 70% de l'assemblage, d'une manière générale. Un vin parfaitement à point.

Grand Corbin Despagne 2007: GCD verson fruitée, avec de la fraicheur, des tanins veloutés, une belle longueur, dans un style droit et élégant.

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Moment trop vite passé en compagnie de François Despagne, passionnant dans son approche de la vigne et du vin, une rencontre que tout le monde aurait souhaité pouvoir prolonger, car il est clair qu'on n'est pas dans la Wine industry, à Grand Corbin. Mais il est déjà temps d'aller entendre sonner L'Angélus...

Olif

06 mai 2008

Beaujolais, Beaujolais...

Tandis qu'un certain Michel B. lance, dans L'Amateur (The WineLover), une alerte rouge sur la région, mettant en garde à juste titre contre la dégradation du patrimoine viticole par une culture intensive qui laisse les sols exsangues, la résistance s'organise!

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(La pelouse du Château Cambon, du côté de Saint-Jean d'Ardières. Rien à voir avec celle d'un Château de Bordeaux.)

C'est que le Beaujolais aimerait bien faire parler de lui un peu plus souvent que juste le troisième jeudi de novembre! On le comprend aisément. Arrachons les bananiers et les framboisiers, replantons de la vigne, crénom! Pour faire du vin, du vrai, avec des arômes naturels et des levures indigènes non aromatisées. Retrouvons le goût et l'odeur du Gamay, le produit de beauté des amateurs de vin franc et gouleyant, celui qui fait rougir les joues de plaisir, bien avant que les irrémédiables outrages de l'âge, associés à une surconsommation de boisson alcoolisée, ne viennent frapper du sceau de l'indélébile les pommettes boursoufflées de l'intempérant, malgré les recommandations des ayatollahs hygiénistes qui nous gouvernent, fort mal au demeurant, prônant l'épanouissement dans le travail, la rigueur et l'austérité, alors que de temps en temps, boire un bon coup, rigoler un petit peu et profiter de la vie ne peut pas nous faire de mal, non mais c'est vrai, quoi! Ne pas oublier de respirer au milieu de la phrase, ou à la rigueur siffler un verre de Beaujolais pour reprendre son souffle.

En un mois et demi, j'ai fait une telle cure de Beaujolpif que j'en suis encore tout imprégné. Je sue le Gamay par tous les pores de ma peau. Suis-je normal? J'ai trouvé ça bon! J'en ai bu en Bourgogne, ce qui n'est déjà pas rien. J'en ai bu en Beaujolais, ce qui est plus courant. J'en ai bu en Vendée, ce qui est déjà moins banal. J'en ai bu en Bordelais, ce qui est carrément hallucinant. Partout où je vais en ce moment, je déguste et/ou bois du Beaujolais. J'en rêve même la nuit et me relève pour le pisser. J'exagère à peine.Le Beaujolais, on peut en boire toute l'année, et pas que les mois en "R". Comme les huitres, en fait. Sauf que c'est plus dur de les associer les deux. Quoique...

Tout ça a commencé au Off de Ouf du Château Prieuré-Roch. Après les bulles et les blancs, le Gamay! D'abord chez Cyril Alonso, du Domaine de l'Ancestra, avec deux cuvées indécentes à en rester sur le c..: Régnié 2004 Un des Sens et le Château Gonflable 2006, Grand Q Glacé, une deuxième mise de ce désormais célèbre Beaujolais-Villages, bâti sur la fraicheur et le croquant. Le même Cyril Alonso retrouvé à la Beaujoloise, in situ, qui nous a abreuvé à La Source du Noune, une Ô gazeuse rosée, 100% naturelle, livrée en bouteille de limonade!

En parlant du Noune, plus connu à l'état-civil sous le patronyme de Georges Descombes, rencontré à Prieuré-Roch, on retiendra un Régnié 2006 concentré, épicé et charnu, ainsi qu'un beau Brouilly 2005, minéral et acidulé.

Impossible de passer sous silence les vins du Domaine Marcel Lapierre, bien connus des vrais amateurs de Beaujolais, dégustés lors des deux manifestations, et qui constituent une référence incontournable en la matière.

Petit coup de projo sur un petit nouveau qui a le vent en poupe et le vin en proue: Karim Vionnet, avec son unique cuvée de Beaujolais-Villages, qui donne envie d'en boire. Ce n'est pas le moindre des compliments!

Belle et grande rencontre que celle avec Jean-Paul Brun, du Domaine des Terres Dorées, le Beaujolais à son plus haut niveau au travers de cuvées alliant tradition et modernité.

Et puis, ultime plaisir, une dégustation des vins d'Yvon Métras, en compagnie de la pétillante Caribou. Ultime dégustation à la Beaujoloise et ultime vin, la fameuse cuvée Ultime 2005 d'Yvon, un Fleurie grandiose qui réveille les papilles et allume le regard. Pas vrai, Caribou?

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Il semblerait donc que ça bouge, en Beaujolais, et que certains ont anticipé l'état d'alerte. Pas uniquement dans le  monde du vin alternatif, d'ailleurs. Ce sera le thème du Quart d'heure américain en Beaujolais des REVEVIN 2008. Alors, on en reparle bientôt!

Beaujolais, Beaujolais...

Olif

29 avril 2008

Vieux-Chateau Certan, grandeur et simplicité

 

S'il fallait ne retenir qu'un seul domaine à Pomerol, VCC s'impose de toute évidence! De 2007 à 2004, la perfection faite vin!

Merci, Mr Thienpont!

Olif

Sur la Cote Pavie, s'il n'en reste qu'un...



... Pavie-Maquin, évidemment!

Superbe 2001, mais pas possible de gouter à 2007 pour cause de soutirage en cours! Il parait qu'il est délicieux, pourtant!

Olif

L'Angélus sonnera trois fois...

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C'était sur les coups de midi! Du mo-blogging en léger différé, car j'ai un peu de mal à suivre le rythme! N'est pas Baraoumobile qui veut!

Le 2007 est d'une belle gourmandise, le 2001 est à point aujourd'hui.

Olif

Grand Corbin, un chateau en Despagne!

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Nouvellement réintégré parmi les Saint-Emilion Grand Cru classé, sous la houlette du dynamique François Despagne, un vin qui tient son nouveau rang!

Olif

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