09 mai 2008

RE-VE-VIN 2008: quart d'heure américain en Beaujolais

Deuxième dégustation matinale des Rencontres Vendéennes, celle du samedi, mais comme je suis dans un trip Bojo...

Nous y voilà enfin, dans ce quart d'heure américain en Beaujolais, estampillé RE-VE-VIN. En théorie, ce sont les femmes qui invitent. Une majorité de vigneronnes, donc, mais pas exclusivement, parce qu'il était trop tentant d'y associer quelques belles étiquettes du Beaujolais alternatif. Et puis, comme le challenge était de comparer 10 couples de vins issus des 10 crus du Beaujolais, quelques garçons se sont également glissés sur la piste de danse (plus exactement sous le patio du Chai Carlina) pour compléter la sélection. Dégustation fort instructive, homogène et plaisante. Aucun vin caricatural ou mauvais, à l'acidité exacerbée. Mort aux préjugés! Et puis, surtout, pas d'hégémonie d'un style de vin sur un autre, une seule et unique volonté de bien faire, avec la matière première à disposition. Après, ce sont les aléas de la dégustation! Mais dans toutes les bouteilles, il y avait du raisin et du vin, témoignant d'un véritable travail à la vigne. Une grande et belle découverte, car, hormis les quelques stars des vins "nature", tous les vignerons et tous les noms de domaine étaient quasiment inédits pour moi. Des noms à découvrir, donc, et puis surtout à retenir, maintenant!

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SAINT AMOUR 2006 Domaine Matray – Sandrine Matray : nez sur la cerise, bouche lisse, volume correct. Un vin frais, souple, franc, à la finale acidulée. **

SAINT AMOUR 2006 Domaine de la Cave Lamartine – Vers l’Eglise – Paul Spay : nez sur les fruits rouges, la griotte, équilibre frais en bouche, direct, croquant. **

JULIENAS 2006 Domaine Pascal Aufranc : nez plutôt droit, net, sur les fruits rouges. Bouche chaleureuse, avec un certain volume. **

JULIENAS 2006 Manoir du Carra – Jean-Frédéric Sambardier : nez frais, sur la fraise écrasée, bouche charnue, finale fraiche et croquante. ***

CHENAS 2006 Domaine des Brureaux – Cuvée Tradition – Nathalie Fauvin : au nez, le fruit est pur, racé, sur la cerise. En bouche, une belle matière, ronde, charnue, fraiche, tapisse le palais. Très beau vin. ****

CHENAS 2006 Domaine Piron-Lameloise – Quartz –Dominique Piron : nez plutôt réservé, après une petite note fugace de réduction. Bouche tonique, un peu végétale, tanins un peu secs dans une finale plutôt chaude. Du vin, mais un équilibre et une harmonie pas encore atteints.**(*)

MOULIN A VENT 2006 Martine Chermette – Les Trois Roches : nez encore fermé, bouche arrondie par l'alcool, mais une matière concentrée, épicée, avec une finale sur le fruit. Très prometteur!***(*)

MOULIN A VENT 2006 Jean-Paul Brun – Terres Dorées : nez sur les fruits rouges, avec une petite note de pomme, pour la fraicheur. En bouche, un joli fruit, frais, de la longueur et de la droiture, sur des notes épicées. Finale légèrement tannique, sans sécheresse. Un très beau vin. ****

FLEURIE 2006 Clos de Mez – La Dot – Marie-Elodie Zighera : beau nez, net et précis, bouche charnue, concentrée et bien structurée. Superbe!****

10 FLEURIE 2005 Olivier Merlin : une bouteille qui envoie du bois dès le nez. La bouche est chaleureuse, un peu déséquilibrée sur l'alcool, avec des tanins qui sèchent en finale. C'est un 2005, la concentration est là, même si l'élevage est plutôt marqué à ce stade. A attendre, forcément. **(*)

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11 CHIROUBLES 2006 Domaine du Petit Puits – Céline Méziat : nez fruité et épicé, sur la cerise. Bouche fraiche, pleine, acidulée, exprimant les fruits blancs. Rafraichissant!***

12 CHIROUBLES 2006 Georges Descombes : réduction passagère au nez, puis cerises à l'alcool, épices. Bouche concentrée, chaleureuse, digeste, avec une pointe de volatile type acétate. L'ensemble est tout à fait cohérent et se laisse boire avec grand plaisir. ****

13 MORGON 2006 Claude-Emmanuelle Desvignes – Côte du Py : fruit pur, au nez comme en bouche, dès l'attaque. Fraicheur et droiture donnent naissance à un très beau vin. ****

14 MORGON 2006 Marcel Lapierre : légère réduction, puis de la cerise à plein nez, avec un petit côté confit. Bouche charnue et fraiche, jolie finale acidulée qui sèche à peine. ***

15 REGNIE Tradition 2005 Domaine Tano Péchard – Ghislaine Péchard : nez plutôt discret, bouche fraiche, droite, acidulée, à peine courte. **

16 REGNIE  2006  Domaine de Colette – Vieilles Vignes – Jacky Gauthier : nez sur la cerise à l'alcool, bouche ronde, concentrée, fraiche, finale salivante, qui sèche à peine, un peu chaude. ***

17 COTE DE BROUILLY 2006 Domaine de la Voûte des Crozes – Nicole Chanrion : acidulé, frais, croquant, très plaisant dans son registre tout fruit. ***

18 COTE DE BROUILLY 2006 Christophe Pacalet : nez sur les fruits blancs, un peu lardé et fumé (réduction?). Concentré et charnu, croquant, il est à peine marqué par l'alcool en finale et les tanins sèchent un peu. ***

19 BROUILLY 2006 Domaine des Pierres Soleil – Alou Viornery : gentiment fruité, acidulé, frais et droit. Très plaisant. ***

20 BROUILLY 2006 Jean-Claude Lapalu – La Croix des Rameaux : très fruité, avec une pointe de sucrosité en bouche, mais de la droiture et de la fraicheur, avec sa finale acidulée. Beau vin, peut-être le plus accompli de toute la série.****

Olif

13 avril 2008

Off de ouf aux Grands Jours (2): balade tourangelle

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Off de Ouf, la suite! Que du beau monde sur place et j'ai eu le temps de (presque) tout goûter. Après la Champagne et la Bourgogne, cap à l'Ouest pour un petit tour en Touraine, d'abord chez  Olivier LEMASSON (les Vins Contés). Plusieurs cuvées bien sympathiques en blanc: un Menu Pineau très frais, un Sauvignon 2007 ("Sois Mignon") particulièrement fruité et gouleyant et un Cour Cheverny "Les Rosiers" 2006 à la belle matière minérale. Les rouges sont loin d'être inintéressants également, mais goûtés bien trop vite dans l'après-midi, alors que l'attention faiblissait un peu. La présence un petit peu plus loin d'Hervé VILLEMADE, du Domaine du Moulin, avec qui Olivier a travaillé auparavant, a permis de rester dans l'inspiration romorantine. Deux pétillants naturels, un Menu Pineau vif et acidulé, très fruité primaire, et un Pineau d'Aunis vineux et frais, pour débuter, puis un beau Cheverny 2006(70% Sauvignon, 30% Chardonnay) et un superbe Cour-Cheverny 2006 Les Acacias, droit et tendu. Le Romorantin me convient bien, décidément. En rouge, mention pour le Cheverny 2006, constitué à 80% de Pinot Noir, à la belle matière croquante. Deuxième rencontre avec les vins de ce domaine en peu de temps (la première fois au Salon de l'AVN à Troyes) et belle confirmation en ce qui me concerne.

Et puis dernière rencontre tourangelle, et pas la moindre, avec Elise BRIGNOT. De l'avis quasi-général parmi ceux qui ont goûté ce jour-là, "elle sort des belles quilles, Elise!" Ce doit être de famille, j'avais déjà entendu la même expression au sujet de son frère Jean-Marc dans le Jura. Et on sent effectivement une grande patte dans ces cuvées légèrement border-line, à la marge, mais au caractère bien affirmé. Que du Vin de Table et un véritable don pour le choix du nom de baptême de tous ses vins (tout le monde a encore en mémoire son "Beaumont de Vénus" du temps où elle se trouvait dans le Chinonais).

- Zébulon: pétillant naturel élaboré à base d'1/3 de Cabernet franc, 1/3 de Gamay et 1/3 de Chardonnay. Pas banal, et on se trouve bien là dans le "bizarre". Robe légèrement orangée, à peine de sucre, un équilibre que je trouve un peu bancal à ce stade, mais néanmoins intéressant. A revoir.

- ça va pas être possible 2006: moitié Gamay, moitié Chenin! Assemblage improbable, limite "pas possible", et pourtant, ça l'est! La couleur tire sur l'orange, le vin possède de la fraicheur et de la droiture.

- Mon Loulou 2005: un pur Chenin, évidemment, même s'il m'a fallu un peu de temps pour décoder le nom! De la tension, de la minéralité, de la vivacité, de la droiture. Un beau Loulou qui ne roule pas des mécaniques et que l'on a envie de cajoler.

- Touchemitaine 2005: pur Sauvignon au nez frais, malgré quelques notes légèrement caramélisées, poire tatin.

- Oui mais non 2005: du Chenin, en partie botrytisé mais vinifié en sec. Riche et large, puissant, un équilibre tout à fait cohérent.

- Touchemitaine 2006: la version 2006 100% Sauvignon, malheureusement épuisée. Vinifié en petnat, c'est du fruit frais qui vous explose au nez, la sensation de croquer dans une poire William, et puis la finesse de la bulle qui possède un côté vif et aérien. On en boirait!

Bravo Mademoiselle Brignot. SI j'étais compositeur, je vous écrirais volontiers une lettre!

A suivre...

Olif

08 avril 2008

Off de ouf aux Grands Jours (1)

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Un Off aux Grands Jours, ceux de Bourgogne, à ma connaissance la seule manifestation de ce type à l'occasion de la grand messe dédiée aux Chardonnays et Pinots noirs de "grands terroirs". Une véritable bouffée d'air frais dans ce microcosme bourguignon un peu guindé, il faut bien le reconnaitre. De tous ces grands jours, je n'ai participé qu'à une seule session officielle, la Trinquée de Meursault. De cette après-midi de dégustation, effectuée au pas de course et sans prise de notes, je retiendrai la confirmation de la qualité des vins de Rémi Jobard (c'est un copain, mais cela est dit en toute objectivité). Confirmation également auprès de Romaric Chavy, du domaine Chavy-Chouet, dont les vins se goûtaient plutôt bien. Découverte du domaine Darnat, conduit en bio depuis 1993, mais qui n'a pas encore osé franchir le pas de la certification. De biens beaux vins, dans un style très pur et droit, qui mériteront probablement d'être redégustés plus longuement, en prenant le temps. Accueil toujours très sympathique chez François Mikulski, même si je n'ai pas très bien goûté ses vins ce jour-là, à l'exception d'une très belle Goutte d'Or. Fin de la parenthèse murisaltienne.

Retour sur ce Off de ouf, donc, qui se déroulait au domaine Prieuré-Roch, avec une brochette de vigneron(ne)s hauts en couleurs. Ce jour-là, j'ai pris le temps. Arrivé dès l'ouverture, pour ne pas manquer l'ami Francis Boulard, qui m'avait fixé rendez-vous aux aurores ou presque, j'en suis reparti quasiment à la fermeture.

Une petite coupe de Champagne pour débuter une dégustation, je ne connais rien de meilleur! Surtout s'il s'agit des vins de Francis.

- Brut réserve: 75% Pinot Meunier, 25% Pinot Noir. Un Champagne fruité et vineux, avec de la matière. Belle entrée en matière.

- Chardonnay non dosé: dans un style différent, vif, minéral, frais et tendu. Pour l'apéritif.

- Mailly Grand Cru brut: très peu dosé, 90% Pinot Noir, 10% Chardonnnay. La bulle est fine, la bouche développe un peu de gras. Un Champagne élégant.

- Les Rachais 2002: nez élégant, superbe et raffiné, alliance du fruit et de la minéralité. En bouche, il s'agit d'un vin droit et long, porté par une magnifique acidité sous-jacente. "Il faut prendre le temps de le déguster", m'a dit Francis en me glissant un échantillon dans mon petit cabas. Ce que j'ai fait en compagnie d'un membre du GJP* féru de Champagne et l'ami Rémi Jobard, à Meursault. Un vin qui en impose par sa stature et sa droiture.

Paetrea 1997-2004: 60% PN, 20% PM, 20% C, en solera. Nez sur les fruits jaunes, la mirabelle. Bulle fine, bouche large et complexe, un vrai beau Champagne d'un excellent rapport Q/P.

- MMI 2001: un essai portant sur 500 bouteilles de Rachais 2001 élevées en fût neuf.  Le nez est puissant, grillé, fumé, un peu boisé mais présentant également une légère réduction. La bulle reste légèrement en retrait, peu marquée. Un vin immensément large, avec une très grande longueur. A attendre et/ou à carafer longuement.

Après ce festival de bulles, la bouche est prête à affronter les blancs du domaine Derain, sans crainte de la chute. De reins. La chute de reins. Désolé! Allez, goûtons! Et nous commençons par un vin mystérieux, sans appellation, qui développe un fruité frais sur une belle tension minérale et acidulée, avec une pointe de gras  témoignant de sa belle richesse de constitution. Allez Goûtons est son nom. Un aligoté bien fagoté  qui fait plaisir à boire, tout comme le Saint-Aubin En Vesveau 2006, un vin bien mûr qui possède également une certaine tension derrière sa grande maturité de fruits.

Et puis ce fut le choc! La rencontre avec Philippe Valette et ses vins. Le Mâconnais élevé au rang des Beaux-Arts viticoles. Des vins fulgurants, largement au-delà des standards habituels, qui mettent une grande claque dans le bec. Un véritable coup de coeur!

- Mâcon-Villages 2005: une belle matière riche et mûre pour un vin de cuve à la finale acidulée et salivante.

Mâcon-Chaintré VV 2005: des vignes âgées de 50 à 70 ans, qui donnent un sentiment de profondeur à ce vin possédant déjà du gras et une belle longueur.

- Pouilly-Fuissé 2004: un vin puissant et complexe, à la grande dimension.

- Pouilly-Fuissé 2001, Clos Reyssié: une cuvée parcellaire de prestige pour un élevage très long, de 48 mois en barrique. La robe est dorée. Le vin possède un caractère légèrement oxydatif du fait de son élevage, mais une puissance et une longueur inégalables. Un air de famille avec les vieux vins ouillés jurassiens, qui lui va à ravir!

- Pouilly-Fuissé 2002, Clos Reyssié: nez presque confit, sur l'écorce d'orange. Une grande maturité pour un vin plutôt massif, mais exquis. Grande garde prévisible.

- Pouilly-Fuissé 1999, Clos de Mr Noly: 60 mois d'élevage pour ce vin au nez riche d'encaustique, large et puissant, destiné à la gastronomie (une volaille de bresse à la crème, par exemple?). Exceptionnel!

 

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A suivre...

Olif

*GJP: Grand Jury Pontissalien, secte d’adorateurs de Bacchus, basée sur les hauts plateaux du Doubs et qui n'a de jury que le nom!

18 mars 2008

L'Arlésienne, Mise en plis alsacienne...

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Dernière rencontre lors de cette Mise arlésienne, Patrick Meyer, de Nothalten, guest de dernière minute, dont la chevelure, exposée au mistral camarguais, peinait à retrouver sa mise en plis initiale. Quel plaisir que de revoir Patrick, alors que je ne m'attendais pas à sa présence ici. Rapide petit tour de ses vins, en même temps qu'un petit cours de pédologie sur la minéralité:

- Nature 2006: fruité, simple, net, désaltérant.

-Riesling 2006: nez fruité, sur la poire, bouche minérale, finale ferme et droite. De la minéralité dans un vin de fruit, sans terroir. Etonnant, non? Et pourtant, c'est logique, d'après Patrick. Puisque la minéralité, ce sont les sels minéraux. Et les sels minéraux, ils se trouvent dans les 15 premiers centimètres du sol, lorsque celui-ci est travaillé et préservé. FIltrés par les eaux de ruissellement, c'est ainsi qu'ils apportent leurs caractéristiques aux racines, puis aux raisins. Ben oui, c'est logique, finalement.

- Riesling Grittermatte 2006: celui-ci, il possède un vrai terroir et sa minéralité n'est pas feinte. Finale salivante et acidulée, droite et nette.

- Riesling Muenchberg 2005: gras mais tendu, avec une aromatique marquée "hydrocarbures", il s'exprime à la fois en largeur et en longueur.

- Fanny et Elisabeth 2006: un Pinot gris de concours, au superbe nez de poire William, rond en bouche, massif, puis très long. 14,5% d'alcool et 25 g de résiduel, à peine perceptibles tant l'équilibre est cohérent. Mais ce sera un vin de gastronomie.

- Sylvaner Zellberg 2005: superbe tension minérale, aromatique très mûre, grande longueur.

- Sylvaner Zellberg 1998 sous voile: finement oxydatif, sur les épices douces, puissant et long.

- Crémant brut dégorgé début février 2008:  frais, désaltérant, à la bulle fine, pour se refaire  la bouche et se remettre les cheveux dans le bon sens.


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Olif

P.S.: un autre compte-rendu récent et une ode aux vins de Patrick Meyer sur Odovin.

03 mars 2008

L'Arlésienne, Mise en condition sudiste...

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Cap au Sud, comme si on n'y était pas déjà, et découverte d'un domaine qui me tenait à coeur depuis un certain temps, le Clos Fantine, situé à Cabrerolles, près de Faugères. La famille Andrieu, un frère, deux soeurs, à l'écoute de la nature, dans la pratique de la viticulture et de la vinification (proches du bio et du naturel), mais aussi par une approche quasi-artistique et sensitive. Le vin doit exprimer le ressenti du millésime, être en accord avec lui, ce qui explique la variabilité des assemblages dans les deux cuvées de rouge, Tradition et Courtiol, en fonction des cépages qui ont le mieux réussi.

- Valcabrières 2006: 100% Terret bourret. Nez anisé, fraicheur et minéralité.

- Tradition 2004, à dominante Carignan: nez légèrement fumé, cassis, fruits rouges; tanins croquants, de la fraicheur.

- Courtiol 2004, à dominante Grenache: nez net, bien défini, fruité; tanins fins, droits.

- Courtiol 2002, à dominante Carignan: année "violette", qui a bien réussi au Carignan. Un vin parvenu à maturité, aux tanins soyeux, de la fraicheur par une petite pointe carbonique.

Confirmation avec la dégustation des 2007 du domaine Terre des Chardons, le régional de l'étape, puisque situé aux portes d'Arles. Après une jolie Clairette de Bellegarde 2006, fraiche et droite, découverte des 2007, en commençant par une nouvelle cuvée pas encore baptisée, au nom de code de "Cornichon masqué". 50% Syrah, 50% Mourvèdre, 100% Terre des Chardons. Olive noire, tapenade, menthol, tout cela laisse la bouche très fraiche et se goûte plutôt bien à ce stade, tout comme Bien Luné, dans un registre similaire, porté par une belle acidité. Marginale 2007, 80% Syrah, est plus structurée, Discret 2007 offre un joli fruit bien dessiné et quelques notes animales.

Petit tour du côté du Mas d'Agalis, en compagnie de Lionel Maurel, avec un épatant vin de table qui ne peut donner plus que ce qu'il a: Yo no puedo mas 2006, 50% Syrah, 40% Carignan, 10% Mourvèdre. Et Navis 2005, soyeux, sur la gelée de petits fruits noirs acidulés.

Et puis, un coup de coeur pour la jolie viticultrice de Rasteau, qui monte, qui monte ... : Elodie Balme, qui a fait ses classes chez Marcel Richaud avant de reprendre un petit bout du domaine familial. Elle propose à la dégustation un excellent Vin de Pays 2007, gouleyant, soyeux, élégant et frais, un assemblage Merlot-Grenache à parts égales. Le Côtes du Rhône et le Rasteau 2006 sont dans la même veine, des vins que l'on s'arrache, et dont les petits volumes font qu'ils sont déjà difficiles à trouver. A suivre de très très près!

...(à suivre)

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Olif

 

 

02 mars 2008

L'Arlésienne, Mise en bouche jurassienne...

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Escapade arlésienne et embarquement à bord du Cargo de Nuit, à l'occasion de la première édition de ce sympathique Off organisé en marge de Vinisud par Caribou et Julie, les deux Miss de la Mise. Dégustation de jour dans un Cargo de Nuit (une salle de concert, pas une boite de nuit, t'as vu C-Drik, j'ai retenu la leçon!) et premières retrouvailles avec l'ami Fanfan "Gavenat", sens dessus-dessous, volontairement mis à l'envers par l'organisation.

Les bouteilles alignées sur la table, en contrejour dans la lumière bleutée des vitraux du Cargo (une salle de concert, pas une église), la dégustation démarre sur les chapeaux de roue. Les  Chardonnays 2005 se déclinent avec bonheur et dans le respect de leur terroir respectif: fraicheur et vivacité pour Florine, minéralité et notes citronnées pour les Chalasses, plus de gras et une minéralité argileuse pour les Grands Teppes Vieilles Vignes. La cuvée Les Vignes de mon Père 1998, un Savagnin "vieux ouillé" (comprendre ouillé pendant longtemps), possède une longueur phénoménale et une acidité tranchante. Une dimension impressionnante, taillée pour affronter les années. "J'en veux!", élaborée en 2004 avec des cépages d'un autre âge, tient  avec bonheur le choc des ans. Le vin reste frais, droit et tendu, délicieusement gourmand. Fraicheur revigorante également pour L'enfant terrible 2006, Poulsard sans soufre et sans reproche, et rondeur épicée pour le Trousseau Plein Sud 2006, également vinifié sans SO2. La superbe cuvée Z 2006, Pinot Noir zéro soufre toujours, est un vin au nez particulièrement net et droit, d'une grande pureté, et aux tanins fins, ne manquant pas de croquant. Retour vers les blancs, avec un très bel assemblage Chardonnay-Savagnin 50/50, la Cuvée de garde 2002, qui vient rappeler avec bonheur que l'élevage oxydatif possède une certaine grandeur lorsqu'il est bien maitrisé. Le Savagnin Prestige 2003, élevé 4 ans sous voile, présente des notes de noix plus marquées et un caractère plus puissant et affirmé. SulQ 2002 porte bien son nom. On en reste sur le cul! Assemblage de 7 cépages, dont des vieux trucs un peu oubliés, des grains nobles sélectionnés et amoureusement récoltés fin décembre. Robe ambrée, comme un vieux Cognac, arômes envoutants de figue, d'abricot séché, de fruits secs. Long, persistant, porté par une grande acidité  (il y a  du savagnin, mais aussi de l'enfariné!), c'est vraiment  trop bon, impossible à recracher. Le Paille 2002, dans une nouvelle mise, en rajoute une couche dans le gras, l'onctuosité et la quantité de sucre résiduel, sans que cela se perçoive véritablement en bouche, l'équilibre étant superbe! Pour se rincer la bouche, "J'ai soif", épatant Pet'nat' tout fruit, et le grand retour de "Oh!", dans une version finement oxydative, qui préfigure de futurs essais à venir sur la bulle et les Crémants. On va se régaler!

... (à suivre)

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Olif

02 février 2008

Clavelinage 2008

Pas de chance, je n'ai goûté que les clavelinés de 2007!

 

04 janvier 2008

Hey, mon ami, tu aimes ça, le vin de Haute-Peutate?

"Hey, mon ami, tu aimes ça, manger des peutates? Des peutates pilées, des peutates frites, des peutates au  cheez whiz..." C'est sur Têtes à Claques TV que ça se passe, et il parait que cela a fait exploser les ventes d'épluche-patates au Québec. On le comprend volontiers en regardant la démo. Pauvres Québecois ne possédant pas encore de Willi Waller two thousand six, condamnés à nettoyer la peluche de robe des champs sous leurs ongles perpétuellement en deuil! Les Têtes à claques débarquent sur la télévision française et on s'en réjouit, même si on ne la regarde pas plus que cela, la télévision.

Eh bien, nous, en Franche-Comté, on a la Haute-Peutate, où on produit évidemment des "peutates" mais qui s'avère aussi être une pépinière de talents viticoles!

"Hey, mon ami, tu aimes ça, le vin de Haute-Peutate?" Oui, évidemment, surtout celui du Vignoble Guillaume, par ailleurs pépiniériste à Charcenne. Et quand Xavier Guillaume se déplace dans le Haut-Doubs, à l'invitation des Caves Robbe de Saint-Point, on s'y précipite, même en tenue de ski, sans prendre le temps de se changer.

Toute la gamme à goûter, en commençant par un simple et fruité Sauvignon 2006 et en poursuivant par la gamme crescendo des Chardonnays. 2005 pour l'entrée de gamme et les Vieilles Vignes, 2003 pour la Cuvée réservée. De beaux Chardos, bien faits, avec un petit côté "technologique" qui compense le déficit de minéralité. La cuvée VV, intermédiaire, sera pour moi le meilleur compromis ce jour-là, avec une belle fraîcheur acidulée.

On se refait la bouche avec un petit rosé sympa, avant de passer aux rouges. Un épatant Gamay de soif 2005 donne le ton. Le Pinot noir, décliné également en trois cuvées crescendo, possède un supplément de classe par rapport aux blancs, culminant dans la cuvée réservée "A mon Père" 2002, que l'on peut attendre sans problème une dizaine d'années. Les Vieilles Vignes 2006 sont impeccables également. Et tout cela en Vin de pays de Franche-Comté, s'il vous plaît!

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On termine par une résurrection, celle du vin des Archevêques de Besançon, qui avaient pour habitude moyen-âgeuse de prendre leurs quartiers d'été au Château de Gy, en Haute-Peutate. Et bien sûr de siroter un petit verre sur la terrasse, le soir à la fraîche. Ils avaient bon goût, nos prélats! Mais plus de vignoble au XXème siècle, il a fallu replanter! Cette Cuvée des Archevêques 2000 ferait un excellent vin de messe. Et de terrasse, aussi. Du Savagnin élevé 6 ans sous voile dont on ne dédaigne pas la robe, un Vin de Table, millésime 2000, qu'il serait intéressant de tester en comparative dans une dégustation de Jaune, tant il a du fond, et pourrait en imposer, dans un registre oxydatif classique.

A découvrir sur place, bien sûr, en Haute-Peutate, mais aussi sur la route des pistes et/ou de la plage, suivant la saison, loin des champs de peutates, dans un petit port de pêche du nom de Saint-Point-Lac. Au bord du lac Saint-Point. D'où son nom. Point. Final.

ROBBE FRERES
16, Rue Damvauthier
25160 SAINT POINT LAC
Tél : 03 81 69 62 13
Fax :03 81 69 66 47

Olif

26 décembre 2007

Saint-Chinian, au coeur de la légende...

Saint-Chinian, royaume des schistes et des grès, doit son nom au moine bénédictin Anhan, qui, à défaut d'être bête, n'en était pas moins sain. Sain Anhan, pas encore Saint, aimait les bonnes choses de la vie, celles que les moines avaient à coeur de produire. Après plusieurs canons, il avait tendance à devenir complètement béat et à voir double. Et à se dédoubler. Est-ce la raison pour laquelle il fut béatifié et canonisé, donnant par la suite son nom au monastère Sanch Anhan, qui se transformera en Saint-Chinian avec le temps, tandis que son mystérieux pseudo-frère restera juste bêtement béat? Probablement, oui. Même si l'information reste quand même à prendre au conditionnel, voire avec des pincettes, tant qu'on n'en sera pas formellement certain. Il est à noter que Béat Anhan refit surface au cours du XXème siècle et devint critique de vin (mais pas devin) en modifiant légèrement son patronyme pour conserver un certain anonymat, avant de s'illustrer dans la bio-connerie, ce qui assurera désormais son passage à la postérité.

Euh ..., si on passait aux choses sérieuses, pour une fois? Juste quelques belles bouteilles de Saint-Chinian rapportées de l’Espace-vins de Saint-Chinian et dégustées récemment:

Mas de Cynanque, à l'insu de mon Plein Grès:

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Le Mas de Cynanque, situé entre Saint-Chignan et Assignan, est un nouveau domaine qui commence à régulièrement faire parler de lui. Adeptes des bonnes pratiques viticoles, Violaine et Xavier Franssu proposent plusieurs cuvées, dont ce Plein Grès 2005, un joli vin à la trame très fine et au fruité rempli de fraîcheur. Fraîcheur, le maître-mot pour caractériser cette bouteille

Avatars et ... Coccigrues, de Yannick Pelletier:

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Voilà une bouteille coup de coeur, un vin authentique, qui fait référence à Rabelais, mais qui évoque9782858151578g1 aussi Alexis, ce grand auteur de BD trop tôt disparu, formé à l'école de Gotlib, et devenu directeur de conscience du magazine Fluide Glacial. Il publia un album très personnel sous le titre d'Avatars et Cocquecigrues, que je vais m'empresser de relire dès que j'aurai pu remettre la main dessus. Pour en revenir à Coccigrues 2004, ce vin de schistes m'a conduit au bord du schisme, sans pour autant que je devienne maso. D'une netteté évidente, frais et dispos, développant un fruité d'une grande pureté, assorti d'une note fumée. Gratifié d'un 92 dans le Wine Advocate, malgré un style plutôt nature, gourmand et affable. Si Parker et ses sbires se mettent à aimer ce genre de vins, vais-je devoir me remettre aux grands crus classés de Bordeaux?


Domaisèla, attendez, vous emportez mon coeur!:

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Ce n'est pas de l'Adamo, mais du Siméoni. Un domaine en culture biologique certifiée, qui produit toute une gamme de vins sincères et francs du collier, dont cette Domaisèla 2006, une demoiselle à la cuisse bien charnue, fruitée, fumée et épicée. 50% syrah, 50% grenache, élevage en cuve inox, du fruit, rien que du fruit. Et du bonheur dans le verre.

Saint-Chinian, au coeur de la légende! Celle des bons vins.

Olif

23 décembre 2007

1er Salon de l'AVN - Huîtres, Jambon blanc et Skeveldra

Troyes le 9 décembre 2007. Premier Salon de l'AVN. Le seul endroit au monde où l'on peut trouver du Jambon chez le poissonnier et boire un petit verre sur place pour accompagner ses huîtres: un Sancerre Skeveldra 2006 de Sébastien Riffault, produit sur silex, droit, net et tranchant comme un éclat. Skeveldra signifie d'ailleurs "éclat" en lituanien, mais également, "où c'qu'il est le drap?" en patois berrichon du XIVème siècle, ce n'est pas Mamina qui dira le contraire. Akméniné (2006 et 2005) toujours impeccable. Et puis, en 2005 également, un joli Sancerre rouge comme un bonnet de Père Noël.

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Le Père Noël de l'AVN était bien sancerrois ce jour-là, la preuve. Sancerrois, sans ses rennes, mais à défaut, on pouvait juste à côté se tailler une petite tranche de Jambon, blanc ou pressé, en compagnie de Catherine Jambon. Huître et Jambon blanc, un autre accord particulièrement réussi, avant une Tranche pressée 2006 dont il faut souligner l'exceptionnelle qualité de texture, celle d'un gamay fin, frais, et épicé. Et une Roche noire 2005 provenant d'un sol riche en manganèse, tendue, minérale, bien concentrée mais aussi croquante que le sourire de Catherine Jambon est craquant.

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Y a pas, où il y a l'AVN...

Olif

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