Michel B., le critique qu'on aime détaster!
Voilà qu'il remet ça, le bougre! Des fois que l'on n'ait pas bien compris initialement! Il faut reconnaître que sa première bioconnerie n'était pas la meilleure, loin s'en faut. Imprécise et mal ciblée, dont l'humour, feint et pas fin, rendait plutôt neurasthénique. "Un peu de polémique vigoureusement articulée ayant du bon", on ne va surtout pas le laisser polémiquer tout seul, l'ami Mimi. Il serait déçu. Cette fois-ci, dans le dernier édito de son confidentiel magazine web Tast (que l'on me fait lire avec un malin plaisir, je suppose?), exit l'humour à deux balles et l'amalgame malsain. Le coeur de cible a été formellement identifié, sortons le mortier et le bazooka. Au moins, c'est plus clair!
Bien sûr, tout le monde l'aura compris, l'ennemi, le seul, le vrai, c'est le vin "nature". Et les vignerons "naturels", les j'm-en-foutistes de la profession, ceux qui vinifient avec leurs pieds, même que ça se sent dans leurs vins. Le vin "nature", pollueur des sens, ne serait finalement pas aussi minoritaire qu'on le pense, c'est même un véritable envahisseur. Et Michel B., il s'appelle en fait David Vincent.
Dans cet éditorial* qui fleure bon la psychanalyse de bazar, on comprend enfin les raisons de la vindicte de Michel B. et les motivations de son combat. Pour lui, tout a commencé par une nuit sombre, le long d'une route solitaire de campagne de dégustation, alors qu'il cherchait un bon vin bio que jamais il ne trouva. Maintenant, Michel B. sait que les envahisseurs sont là, qu'ils ont pris forme vinique et qu'il lui faut convaincre un monde incrédule que le cauchemar a déjà commencé...
Totalement cerné par ce type de vin, le Michel B.! Même ses meilleurs potes (faut-il qu'ils aient été mal conseillés, ses copains!) s'en sont laissé refourguer à leur insu par des cavistes vénaux, pourtant renommés. Impossible de boire un Lalou-Bize avec son petit casse-croûte du midi, même dans un 3*, les envahisseurs sont partout sur la carte des vins, narguant Michel B. de leur petit doigt dressé! Alors, coiffé de son heaume en chêne de la forêt de Tronçais, armé de sa plume d'oie biodynamique certifiée et vengeresse, Michel B. a décidé d'entrer en croisade. Afin de faire savoir au monde combien il court à sa perte s'il continue à se régaler de ces vins approximatifs et déviants. A coup de grandes phrases pompeuses, sentencieuses et définitives que je vais me dépêcher de graver sur le bois de mon lit pour m'endormir plus béatement le soir:
"Tout ce qui affaiblit ou attente à la qualité d'élaboration d'un produit, tout recul de culture ou de civilisation par retour à l'ignorance sanctifiée du passé n'est non seulement pas acceptable, mais oblige à intervenir de façon vigoureuse pour maintenir le sens du progrès."

Heureusement, Michel B., en bon Petit Père des peuples vinicoles, va "indiquer au public les vins intentionnellement bien faits", afin d'éviter de s'égarer du côté des "imposteurs", pour lesquels "le mot "con" semble rétroactivement bien faible pour les désigner". Je me réjouis à l'avance de ne pas suivre ses conseils!
Et j'ai enfin compris pourquoi j'aimais tant ces vins blancs oxydés, morts avant d'être nés (formule choc dont je ne revendique surtout pas la paternité). Ils proviennent tous d'un "mauvais fût du Jura"! Une petite allusion assassine envers un vignoble éminemment respectable, un cliché de plus que je ne suis pas prêt de pardonner!
La Natural wine war est officiellement déclarée!
Olif
* que je suis au regret de ne pouvoir mettre en ligne, n'ayant ni le droit, ni les droits, heureusement d'ailleurs!
*que vous pouvez lire ci-dessous, avec l'aimable autorisation de Michel Bettane



Sacré Luc! Je n'ai pas changé, mais on est deux! Enfin si, moi, j'ai changé un tout petit peu, dans mon approche du vin, mais pas toi! :-)
Alors, comme on n'est pas sur un forum, on va effectivement peut-être en rester là. Juste deux précisions:
- Pourquoi une certification? Parce que c'est un label, qui devrait être de qualité, et c'est ce qu'on exige maintenant pour tout le monde, partout, y compris dans le milieu médical, où il faut s'auto-évaluer pour attester de ses bonnes pratiques (peut-être pas encore en Belgique?). Prendre les devants est une attitude qui ne peut qu'être encourageante sur les intentions et les motivations.
- Je ne conteste pas non plus de façon systématique la part humaine dans la vinification, je plaide pour une intervention modérée et justifiée. L'accompagnement (ça existe aussi en Médecine), c'est souvent comme cela que l'on est le plus qualitatif! Être à l'écoute, cela n'a jamais nuit à personne!
Sans rancune,
Olif
Rédigé par: olif | le 13 janvier 2008 à 21:07
Cette article de MB m'a mis en colère car il justifie l'agrochimie en se servant de vignerons du top50; les jean-Michel, Olivier, Anselme, etc..
Non seulement Il se sert d'eux, mais selon lui, ils sont la justification des bienfaits de l'agrochimie qui permettrait aux mauvais techniciens d'élaborer du bon vin malgré tout !
Je pense que c'est à eux de répondre, car non seulement ils sont instrumentalisés - Vous comprenez c'est toujours flatteur de se voir dire, "toi tu peux te permettre parce que t'es bon et les autres sont "cons"" - mais en plus en cantonnant la bio à l'élite, on engendre l'inverse de ce à quoi ils aspirent et ils se battent : développer l'agrobiologie. "Vigne vivante" en Alsace c'est quoi ? C'est bien la mise en commun le partage des connaissances et des expériences pour le bien de la terre.
Rédigé par: DL | le 13 janvier 2008 à 21:17
Euh, je n'ai pas l'occasion de lire le Tast du Grand Homme, mais peut-on savoir quel vigneron jurassien est assassiné cette fois ?
Rédigé par: jmg | le 14 janvier 2008 à 17:45
cher Olif
Peut être le plus simple serait de publier l'édito qui vous a mis en fureur, en entier, ce serait la solution la plus honnête et je vous y autorise bien volontiers. Car comme manipulateur d'opinion,vous vous montrez plus stalinien que ceux que vous montrez du doigt....
N'oubliez surtout pas le couplet sur les vins technologiques que vous avez eu le grand courage de passer sous silence....
Sans rancune tant votre texte me semble plus bête que méchant
MB
Rédigé par: Michel Bettane | le 15 janvier 2008 à 11:45
Ah!, Monsieur Bettane, c'est un honneur! Manipulateur et stalinien, moi? Vous vous méprenez! Je ne cherche nullement à guider l'amateur dans le droit chemin, je ne fais que plébisciter ce qui me plait. Libre à chacun d'agir selon ses goûts. Et surtout, je prends la parole pour ne pas vous laisser vous battre tout seul contre des moulins à vent. Ce que vous exécrez, moi je l'aime, et je ne voudrais pas que l'on puisse penser que vous seul détenez la vérité. Ceci dit, vous avez très certainement raison sur un point, je suis plus bête que véritablement méchant!
Et je vais évidemment mettre votre édito en ligne, puisque vous m'y autorisez.
Rédigé par: olif | le 15 janvier 2008 à 13:40
Maintenant que le texte de l'edito est publié tout le monde se rendra compte que
1 je n'ai aucun désir d'empêcher un amateur d'aimer les vins qu'il aime même si une partie de moi même forcément cherche à comprendre puis à juger son goût.
2 comme professionnel j'ai moins de liberté qu'un amateur et j'ai à prendre mes responsabilités
3 que je défends depuis toujours la viticulture bio, du vin le plus simple et le plus accessible au cru le plus célèbre et hélas le plus cher
4 que je n'ai aucune sympathie pour les vins manipulés comme vous...
5 mais que bio ou pas bio un vin doit être fait avec soin et précision et pas seulement avec amour, car c'est un métier qu'être viticulteur et non pas un acte politique ou un "amusement".
6 je déteste l'à peu près comme tout bon vieux prof, celui là même qui réconforte tant ceux qui sont toujours restés dans un coin d'eux mêmes un peu cancres, rebelles et finalement grands enfants.
7 que votre résumé de ce texte sentait quand même un peu trop le règlement de compte.
Cordialement
MB
Rédigé par: Bettane | le 16 janvier 2008 à 15:53
Règlement de comptes? C'est un peu fort! Plutôt réponse du berger à la bergère. Votre texte est volontairement très provocateur, ma réponse est épidermique. Votre mise au point a le mérite de la clarté et d'une plus grande honnêteté, je vous en remercie. Et je retourne près de mon radiateur, même si je n'ai jamais été un cancre. C'est juste mon côté rebelle que j'aime cultiver.
Rédigé par: olif | le 16 janvier 2008 à 22:08
Oh ! bien justement Anselme S. m'envoit trois bonnes bouteilles de "cuvée Initiale" ce matin. Vendu que je suis !
Et sur la contre-étiquette que lis-je : "Le respect du vivant pour l'expression du minéral".
Ce sera l'occasion pour M Bettane d'écrire :"arrêtons d'employer comme pour minéralité des mots largement au delà de leur acception naturelle.!"
C'est tout le propos de l'édito en question qui circule sur le net en .pdf, donc lu intégralement.
Monsieur Bettane, peut-être le professseur se laissera-t-il guider dans une démonstration gustative où on pourra vous démontrer que la minéralité - c'est à dire les sels minéraux - est bien plus qu'une acception naturelle, elle est un véritable indicateur environnemental.
Et qu'en oenologie, elle gouverne toute les dimensions gustatives que l'on connaît du vin. Et qu'elle ne s'exprime réellement que dans un environnement de production saine et vivante, une terre vivante. Parce que c'est des relations racines/terre qu'il s'agit.
C'est ce qui est à reprocher des Dubourdieu et autres ténorsde l'oenologie : c'est qu'ils sont passés à côté de cette question en ignorant la dimension minérale du vin pour ne se consacrer qu'à sa dimension organique -tanins, acides, sucres, saccharides etc.- Il suffit pour s'en convaincre d'éplucher les publications.
Alors que, ce que soutien Olif - du moins ce que j'en ressens - c'est qu'il n'est pas nécessaire de maîtriser cette technique "organique" là, pour élaborer du bon vin.
Et à force de pratiquer le vivant, de chercher à stimuler - Claude Bernard - plutôt que d'éradiquer - Pasteur - le vigneron pratiquant se rend compte que la dimension qui change dans ses vins, c'est la minéralité.
Mais pour s'en rendre compte, il faut vivre cette conversion conventionnelle/bio.
Alors D. Dubourdieu me dira comme il l'a déjà fait publiquement, "Mais monsieur, un pénicilium, ce n'est pas une S cerevisiae !, quoi que vous en disiez, votre minéralité elle n'effacera pas une géosmine, ou un TCA !"
D'accord pour ces déviations de vins victimes d'environnement dégradé !
Mais une oxydation dans un vin insipide - sans sels- c'est tout à fait différent d'une oxydation dans un vin sapide - de minéralité complexe au plan chimique. On ne parlera alors même plus d'oxydation mais d'une élégance comme par exemple nous le démontre Patrick Meyer à Nothalten.
Il était clair qu'après la viticulture alternative (au conventionnel), vienne tout naturellement le temps des dégustations alternatives. Celles qui ne s'épanchent plus sur les dimensions carbonées - tanins, sucres, acides - mais observent comment les minéraux harmonisent le vin.
Rédigé par: DL | le 17 janvier 2008 à 10:08