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21 août 2005 - 27 août 2005

24 août 2005

Randonnée viticole valaisanne!

Date: le 24/08/2005 à 23:43

Sortie valaisanne quasi-improvisée, ou comment s’occuper en montagne quand le temps est complètement bouché! Descendre en plaine et sortir le tire-bouchon! C’est la seule solution! Direction Vétroz, dans un premier temps, pour retrouver des Vendéens en goguette chez Romain Papilloud, vigneron-meunier-encaveur au pays de l’amigne, dans un ancien vieux moulin.


Vieux Moulin, Cornalin et Amigne!




Timing un peu minuté, pour raisons familiales, Romain prend néanmoins le temps de nous recevoir aussi bien qu’à l’accoutumée et nous propose la totale!

On débute dans le sympathique caveau de  dégustation par la production en bouteille à la vente actuellement.

Fendant Amandoleyre 2004
Pour la mise en bouche, ce toujours aussi beau fendant, minéral, acéré, développant de jolies notes de fleurs blanches en attaque pour le rendre encore plus aimable. Un vin apéritif parfait!

Petite Arvine 2004
Nez très mûr, sur le melon et les agrumes, avec une note florale (pétale de rose?) qui fait évoquer à Romain le Gewurtztraminer. La vivacité de l’arvine est bien là, mais enrobée déjà, ce qui adoucit légèrement l’acidité, sans empêcher la salinité finale. Une très belle Petite Arvine, complexe et affriolante!

Amigne 2004
Un cépage que Romain maîtrise parfaitement! Nez intense, bouche grasse, aromatique, grasse, avec un petit sucre savamment dosé, qu persiste agréablement en finale. Une amigne élégante et gourmande!

Amigne Barrique 2002
Le nez est intense, encore sous l’emprise du bois, avec sa petite touche vanillée. Le toucher de bouche est extrêmement savoureux, onctueux, riche et gras, compensant le caractère totalement sec un peu inhabituel ici. Grande longueur et très belle persistance! Une déclinaison intéressante du cépage qui ne ravira peut-être pas les puristes, mais une voie à explorer! Parce que c’est quand même très bon et devrait l’être encore plus une fois le bois mieux digéré. Il y a la matière suffisante pour cela!

Gamaret 2004
Une robe violine pour un vin épicé, costaud, un peu rustique, mais dans le bon sens du terme. Simple, suffisamment friand, cela se laisse boire avec plaisir.

Carminoir 2004
Quasiment un précurseur de ce cépage, initialement destiné à l’assemblage, Romain n’a pas hésité à le commercialiser pour lui-même. De la couleur, un grain velouté, dense, du fruit mais une petite amertume finale. Plutôt puissant, il possède plus de finesse que le précédent, l’apport du pinot, sans doute? smiling smiley

Cornalin 2004
On monte d’un cran, avec ce cépage que j’affectionne particulièrement, parce que doté d’une vraie personnalité et d’une originalité folle! Le fruité est séducteur par son petit côté « gelée de fruits noirs ». La structure est patinée, possède déjà une certaine souplesse dans les tanins, même si ceux-ci méritent de s’amadouer avec le temps. La matière est consistante, la longueur suffisante et on trouve déjà beaucoup de finesse. Digne d'une bouteille de la semaine!

Syrah Barrique 2003
Premier nez sur le cassis, puis, à l’agitation, perception de petites notes boisées qui se fondent dans des notes d’agrumes (pamplemousse rose), signant certainement une grande maturité de fruits. Du coup, la perception acide apporte beaucoup de fraîcheur et de longueur. Et toujours ce côté agrumes, qui peut paraître surprenant dans une syrah mais qui en fait un vin réellement étonnant! Très beau!

Assemblage 2003
Translation vers la cave pour goûter au fût cet assemblage 2003 composé de 60% de Carminoir, 20% de Merlot et 20% de Gamaret. Une très belle complémentarité, la rondeur du merlot, même s’il s’agit de jeunes vignes, venant assouplir la puissance du Gamaret et se fondre dans le velours du Carminoir!

Merlot 2004
Puisqu’on en est à goûter les fûts, on poursuit! Ce Merlot est destiné à la cuvée d’assemblage 2004. Il est déjà souple et rond, plutôt agréable, même si Romain craignait qu’il soit encore marqué par le carbonique.

Cornalin 2004
En barrique, car destiné à l’assemblage 2004, il est lui encore marqué par le gaz avec un côté un peu piquant, mais une matière prometteuse. Nous goûterons une seconde barrique dans lequel le vin est déjà plus arrondi.

Amigne Barrique 2003
Toujours en fût, elle sera mise en bouteilles au mois de novembre. Les notes grillées du nez, apportées par le fût, sont d’une belle élégance, ne masquant pas les notes d‘agrumes. La bouche est onctueuse, patinée et la matière semble riche, peut-être plus dense qu’en 2002. Un vin à suivre avec intérêt!

Amigne Barrique 2004
Elle n’a pas encore mangé tous ses sucres et, de ce fait, est encore bien gourmande! Un vin au stade embryonnaire.

Ermitage Volupté  2004
Dégusté au fût. L’équilibre est déjà impressionnant de maîtrise! Riche, développant déjà quelques notes de truffe blanche, mais surtout d’olive verte, façon tapenade, un vin extrêmement prometteur!

Ermitage Volupté 2003
Retour à la bouteille, pour clore en apothéose et en douceur par cet Ermitage, botrytisé à 100%, qui se présente sous une robe dorée à souhait. La bouche est confite, rôtie, sur l’ananas et la truffe, avec une belle acidité longiligne, qui s’étoffe progressivement, s’enrobe. C’est gras et onctueux, mais cela reste frais en permanence. Un très bel Ermitage, probablement un des meilleurs produits par Romain à ce jour, parmi ceux que j’ai eu l’occasion de goûter, en tout cas!

Après cette première ascension, qui nous a déjà conduit pas loin des sommets, il fallait faire une petite pause. Le temps de traverser la « côte » valaisanne, de Vétroz à Fully, en passant par Chamoson, Leytron et Saillon, mais sans s’arrêter! Direction, chez Marie-Thérèse. Chappaz, bien entendu! Pour gravir les quelques marches qui nous manquaient!





Tomates, kiwis et Syrah!

Marie-Thérèse, vigneronne, mais pas que ça! Biodynamiste, depuis 2 ans, avec sincérité et conviction, et nous tombons un peu mal, d’ailleurs, puisque Demeter avait également choisi ce jour pour effectuer ses contrôles! Après nous avoir servi le premier verre de Fendant, Marie-Thérèse est contrainte de retourner à ses petits papiers et à son contrôleur, nous confiant aux bons soins de Valérie!

Qu’il est bon de retrouver cette tonnelle de dégustation, où l’on peut goûter à ce qui se fait de mieux en Valais, voire même ailleurs! Dans une ambiance conviviale et gaie. Le Valais, ses vins, mais aussi ses kiwis, dont les feuilles sont suffisamment développées pour nous protéger des quelques gouttes de pluie qui font leur apparition à ce moment-là.




Et aussi ses tomates, biodynamiques, évidemment, autant d’espèces rares et goûteuses issues du jardin de Marie-Thérèse




Mais nous ne sommes pas là pour y goûter (dommage!), mais nous ne perdons néanmoins pas au change, avec les 2004 de Marie-Thérèse!

Fendant Fully Coteaux de Plamont 2004
Une nouvelle cuvée, un terroir d’altitude, très calcaire, qui donne naissance à un beau fendant minéral, qui possède également un petit côté pomme à croquer!

Fendant Martigny les Bans 2004
Un classique, sur un terroir calcaire situé à Martigny, au nez à peine grillé, beurrant très légèrement. Une petite perle élégante vient rehausser la minéralité de cette cuvée séduisante, légèrement enrobée, et pourtant bien vive!

Fendant Président Troillet 2004
Les vignes situées le plus près de la maison, une cuvée dénommée ainsi en hommage à un grand oncle de Marie-Thérèse, célébrité locale ayant largement œuvré pour la vie publique. Terroir granitique, pour une plus grande pureté minérale, légèrement citronnée. La structure est droite et linéaire, presque une épure! Superbe!

Petite Arvine Grain Blanc 2004
Le nez est assez réservé mais n éanmoins typé Petite Arvine. L’attaque est franche, incisive, puis le vin s’enrobe un petit peu mais reste d’une grande droiture et d’une minéralité exemplaire. Dur de rester insensible à ce vin magnifique!

Ermitage Grain d’or 2003
Une Marsanne d’anthologie, qui allie gras, finesse et longueur, en restant très minérale, avec une finale légèrement grillée. L’équilibre frôle la perfection, sans la lourdeur alcooleuse que l’on peut retrouver dans certaines cuvées rhodaniennes. Exceptionnel!

Dôle Ma Puînée 2004
Présentée en « pot » bouché à vis, cette Dôle, simple et légère, est un vrai vin de soif, bien marqué Gamay.

Dôle La Liaudisaz 2004
Plus colorée que la précédente, elle enivre de ses parfums de fruits rouges, mais aussi de pamplemousse rose et d’agrumes. Rond et aimable, avec un beau volume, un vin gourmand!

Humagne rouge 2004
Assez typique, avec ses arômes de sous-bois et de groseille, sa grande souplesse et sa rondeur doucereuse en finale.

Syrah 2003
La première cuvée de Syrah de Marie-Thérèse. Nez épicé et intense, bouche large et ample, avec une belle acidité. Une réussite!

Une gamme toujours aussi sidérante, même si, malheureusement, nous ne pourrons goûter aux Grains Nobles, épuisés depuis longtemps.

Les sommets commencent à se dégager, la météo annonce une relative, mais courte amélioration, qui permettra peut-être aux suisses alémaniques, victimes des intempéries de souffler un peu, et à Marie-Thérèse de faire une décoction cicatrisante pour ses raisins oedématiés, éclatant sous l‘excès de pluviosité. Les Vendéens, en vacances montagnardes, pourront peut-être, enfin, s’aventurer sur d’autres sommets. Quant aux Jurassiens, il ne leur reste plus qu’à aller se perdre dans les profondeurs du tunnel de Glion.

So long!

Olif

22 août 2005

REVEVIN2005 : les Layons SGN de Philippe Delesvaux

Date: le 11/05/2005 à 23:12

Ultime dégustation de ces REVEVIN acte 2, cette découverte des Coteaux du Layon de Philippe Delesvaux, en sa présence, fut un moment rare, un véritable dessert, en fait!

Comme c’est jour de relâche au Chai Carlina, en ce dimanche midi, nous en profitons pour investir l’intérieur de l’établissement afin de ne pas attirer le chaland par nos commentaires bruyants sur la terrasse.

Après une courte présentation de l’appellation, de ses vins et de sa façon de travailler, Philippe Delesvaux nous fait entrer rapidement dans le vif du sujet!

Coteaux du Layon Saint-Aubin 2004
Du chenin passerillé récolté début novembre, comportant 85 g de SR. La robe est jaune pâle, plutôt brillante. Le nez est marqué par une note légèrement iodée et saline, apparemment caractéristique de la minéralité carbonifère du Layon. La bouche est linéaire, offrant une belle concentration en sucre, bien contre-balancée par le support acide. Un équilibre aérien très frais, pour un vin qui constitue l’entrée de gamme du domaine, d’un excellent rapport Q/P (7,65€ les 75 cl). ***

Coteaux du Layon Saint-Aubin Clos de la Guiberderie 2003
Chenin 50% botrytis, 50% passerillé, 115g de SR. La robe dore légèrement. Le nez est très botrytisé, sur l’ananas confit, et emplit les narines. La bouche est grasse et onctueuse, minérale en attaque, comportant beaucoup de fraîcheur grâce à une acidité soutenue mais enrobée. Une très belle bouteille de 50 cl pour 9,90€! ****

Coteaux du Layon Saint-Aubin Clos du Pavillon 1998
Chenin 50% botrytis, 50% passerillé, 85g de SR. La robe dore franchement et le nez est intense et confit, majoritairement botrytis. La bouche, particulièrement minérale (sous-sol de schistes carbonifères), est magnifique, d’une grande droiture, portée très loin par une superbe acidité. A 9,90€ les 50 cl, c’est presque donné! ****

Coteaux du Layon SGN 1999
100% botrytis, 157 g de SR. La robe est très dorée, avec des reflets ambrés. Le nez, très botrytis, est d’abord confit, sur les agrumes et l’ananas bien mûrs, puis devient minéral (mine de crayon). En bouche, le toucher est d’une onctuosité rare, gras et riche, avec une persistance exceptionnelle et une superbe rétro-olfaction sur les agrumes. La barre est placée haut, mais le prix reste raisonnable (24€ pour 50 cl). Le seul hic, c’est que le vin est épuisé au domaine! *****

Coteaux du Layon SGN 2003
100% botrytis, 235 g de SR. La robe est jaune soutenu. Le nez est pour l’instant plutôt minéral, légèrement iodé, avec une petite note de pomme (au four? Tatin? Verte?) controversée. En bouche, les éléments se mettent en place progressivement, l’acidité dompte le fort taux de SR, mais le vin ne donne pas une sensation harmonieuse pour l’instant. Laissons-lui du temps, il est encore tout jeune! 24€ également, 50 cl également. ***(*)

Coteaux du Layon SGN 1997
100% botrytis, 212 g de SR. La robe est d’un beau jaune doré. Le nez, confit, est d’une incroyable pureté. Gras, onctueux et soyeux, la bouche, d’une élégance rare, reste fraîche grâce à la belle acidité. La persistance aromatique impressionne! 32 € *****

Coteaux du Layon Carbonifera 1997
1997, un millésime d’exception qui a permis l’élaboration de quelques vins d’exception, comme cette Carbonifera, une super SGN du Clos du Pavillon. 350 g de SR! La robe est dorée et le nez très racé, mais paradoxalement moins intense que celui de la cuvée SGN du même millésime. En bouche, c’est autre chose! La viscosité est impressionnante, procurant une sensation de douceur veloutée et caressante. Un moment rare, une gourmandise d’esthète à la longueur exceptionnelle! ******

Coteaux du Layon Anthologie 1997
Une super SGN produite sur l’ensemble du domaine dans les grands millésimes (95, 96 et 97 pour l’instant), des morceaux choisis, au sens éthymologique du terme. 450 g de SR! La robe est ambrée et le nez délivre un festival d’arômes, dans un registre légèrement oxydatif, à la manière d’un Essencia de Hongrie: fruits secs, noisette, abricot sec, coing, caramel. La bouche est exceptionnellement riche et concentrée, immensément longue, terminant sur une rétro minérale et fruits secs, avec une acidité incomparable, faisant presque passer inaperçus les 450 g de résiduel. Au péage de Beaulieu sur Layon, sur l’A87 et le chemin du retour, à deux petites heures de Saint-Jean de Monts, l’Anthologie tapissait encore mes papilles! L’éternité de l’instant…! ******* (7 * sur mon échelle qui n’en compte en principe que 5, c’est plutôt pas mal!) Très cher, mais ça le vaut bien !

Difficile de clôturer plus en beauté que cela! Les rêveurs vendéens du vin, encore sous le coup de l’émotion, s’auto-congratulèrent mutuellement pour tous ces beaux moments passés ensembles, des larmes dans les yeux et un petit carton de Coteaux du Layon sous le bras.

Vivement le REVEVIN acte 3!

Olif

REVEVIN 2005 : La Bourgogne selon Jadot


Date: le 10/05/2005 à 22:39

Deuxième session de dégustation de ces REVEVIN Acte 2, ce virage à l’Est fut le bienvenu au milieu de ce torrent languedocien! Température plus fraîche de circonstance sur la terrasse du Chai Carlina, ce qui a motivé la sortie des petites laines, même qu’il a fallu rallumer le chauffage! Mais rien n’arrête les rêveurs vendéens du vin venus s’enivrer d’air marin, de bancs de sable et de bans bourguignons!

Les vins ne sont pas dégustés à l’aveugle, puisqu’il a fallu respecter la hiérarchie des terroirs. On attaque par les blancs!

Beaujolais blanc 2002, Grand Clos de Loyse
Pour la mise en bouche et l‘avinage des verres, un joli Beaujolais blanc du Château des Jacques, frais, franc, vif et minéral. Il ne manquait que les huîtres! **

Bourgogne Chardonnay 2002
La robe est jaune pâle à reflets verts. Le nez procure déjà une sensation de gras, « beurrant » un petit peu. Cette sensation amylique se retrouve en bouche, au milieu d’arômes de fruits blancs, mais le vin possède une jolie tension acide jusque dans la finale, qui le rend idéal à l’apéritif. Sympa, mais le rapport Q/P le désavantage (pas loin de 15€, si ma mémoire est exacte)! **

Auxey-Duresses 1999
La robe est pâle à reflets verts, dorant à peine. Le nez me paraît peu expressif mais en bouche, le vin possède un bel équilibre sur une structure acide bien développée. De la finesse et de la longueur pour une jolie bouteille. ***

Puligny-Montrachet Les Perrières 2000
La dorure se fait plus marquée sur la robe. Le nez, intense et puissant, est diversement apprécié. Il signe pour moi une grande maturité (notes d’agrumes) même s’il n’est pas exempt de notes miellées légèrement oxydatives. Maturité versus oxydation, la part des choses n’est pas toujours évidente à faire. Surtout que la bouche, ample et large, est plutôt minérale et ne laisse pas poindre d’oxydation! Grande longueur pour un vin que personnellement j’aime beaucoup, même si, effectivement, le nez peut dérouter! ****

Chassagne-Montrachet 1er Cru Morgeot 1998, Clos de la Chapelle, Duc de Magenta
La robe est jaune pâle. Le nez est très élégant, minéral, avec une petite pointe de beurre frais tartiné sur un toast grillé. La bouche est très précise dans sa définition, minérale, pure et cristalline. Un très beau vin! *****

Beaune-Grèves 1997, Clos Blanc
Malgré la robe jaune pâle, le nez est mûr et mature. La bouche est également à parfaite maturité, riche, possédant un bel équilibre entre gras et acidité, faisant de ce vin le compagnon idéal de la table. Superbe! *****

Corton Charlemagne 1999
La robe est encore jaune pâle. Le nez, légèrement empyreumatique, exprime un très fin grillé. La richesse de la bouche est encore contenue, il manque un peu d’étoffe et de largeur pour que le vin révèle toute sa complexité. Maintenant que les langes ont été changées, on peut le laisser se rendormir pour quelque temps! ****(*)

Et on poursuit par les rouges!

Côtes de Nuits Village Les Vaucrains 1999
La robe est rubis, brillante. Le nez est très typique d’un Pinot noir, fruité, légèrement fumé et terreux. La bouche joue plutôt dans un registre florale, avec des notes de rose sur une bonne structure acide. Un vin franc et rustique, mais rafraîchissant. **

Savigny les Beaune 1er Cru La Dominode 1999
La robe est d’un beau rubis, plutôt soutenu. Le nez pinote joliment, prune, framboise, un peu terreux. En bouche, la trame est plutôt serrée, mais avec du volume. La finale tannique se mâche encore énormément, rendant le vin plutôt austère. Du potentiel, à mon avis! ***(*)

Beaune 1er Cru Clos des Coucherots 1999
La robe est rubis soutenu. Le nez est très ouvert et fruité, avec des notes de petits fruits rouges du jardin et de cassis. Les tanins sont déjà bien assagis, rendant le vin rond et séducteur, fondu et prêt à boire. La Bourgogne comme on l’aime! ****

Volnay 1er Cru Clos de la Barre 1999
La robe est rubis éclatant et le nez s’ouvre sur des senteurs de cassis. Un vin tout en finesse et élégance, avec une belle persistance aromatique qui voit ressortir le fruit en finale, dans un équilibre frais et séducteur. L’élégance de Volnay! ****

Chambolle-Musigny 1er Cru Les Baudes 1997
La robe est rubis, légèrement brunie et terreuse. Le nez est ouvert, en pleine phase secondaire, floral (pétale de rose) et terreux. La bouche est d’une belle précision, longue et fine, d’un raffinement exemplaire. Un bien beau vin, à parfaite maturité! ****

Bonnes Mares 1998
Gare à la dernière marche! Celle-ci était bouchonnée, en tout cas! Frustrant de rester là-dessus! Aussi, Phil85 est allé nous chercher la cuvée du Patron!

Chambolle-Musigny 1er Cru les Amoureuses 2000, Drouhin
Une autre maison de négoce haute couture pour un vin aux magnifiques arômes de framboise, de pamplemousse rose, de pétale de rose. Un vin d’esthète, racé, à croquer, charnu, charmeur, à la trame aussi fine qu’élégante. Un vin dont on tombe aisément amoureux et qui peut aussi rendre amoureux, tout dépend de ses dispositions. *****

Pour revenir à Jadot, que voilà donc une belle gamme, même s’il ne s’agit que d’un aperçu infime. Le rapport Q/P n’est par contre pas toujours avantageux, mais il s’agit d’une volonté délibérée de la maison, à ce que j’ai cru comprendre!

Olif

REVEVIN 2005 : le Off du Languedoc

Date: le 10/05/2005 à 19:19

Retour vers le Languedoc, pour une deuxième série encore plus fournie que la première! Pas des rogatons, mais des bouteilles qu’il aurait été difficile de caser dans la première session sans que cela soit too much! Peut-être plus hétéroclite, cette série a révélé son lot de surprises, bonnes ou mauvaises, et a également semblé moins homogène. Ici aussi, il s’agit d’un instantané, à prendre pour ce qu’il vaut, et certainement pas comme un jugement définitif sur tous ces vins!



Ku-Klux-Klan-guedoc off! Une véritable chenille processionnaire!

Faugères Les Premières 2000, Alquier
Dans le rôle ingrat de la mise en bouche, cette cuvée d’entrée de gamme de chez Alquier, à la robe évoluée, au nez un peu animal (peau de bête, cuir), légèrement fruité (cerise), et à la structure un peu décharnée et fluette, maigrelette, courte et acide. *

Domaine Puech Haut, Le Clos du Pic 1999
La robe est sombre et opaque, le premier nez, intensément boisé, laisse ensuite passer de la confiture de fruits noirs, myrtille et mûre. Un vin qui a du corps mais qui est excessivement boisé, au point de développer une amertume brûlée jusque dans la finale. A la limite de la caricature! **

Saint-Chinian La Madura 2000, Le Grand Vin
La robe est très sombre, presque noire sur les bords. Au nez, de la liqueur de fruits noirs sur fond épicé. Très corsé en bouche, les tanins sont plutôt enveloppants et la longueur est satisfaisante. La finale est néanmoins un peu raide, à mâcher jusque dans une rétro un peu métallique et asséchante. ***

Château Grès Saint-Paul, Cuvée Syrrhus 2000
La robe est noire mais le nez est plutôt fin et élégant, sur des notes de moka et de chicorée. Un vin d’une grande droiture, à la bouche fraîche et à la finale persistante, d’une bonne longueur. ****

Coteaux du Languedoc, Mas des Brousses 2001
La robe est noire et le nez développe de jolies notes de cassis giboyeux, sur fond d’épices et de garrigue. La bouche est harmonieuse, possède de l’allonge et des tanins accrocheurs en finale. Un peu rectiligne, mais une très jolie matière. ***(*)

Coteaux du Languedoc, Plan de l‘Om, Cuvée Roucan 2001
Robe noire, nez de cassis sur bois, bouche possédant du corps, mais une légère sucrosité et une finale acidulée. Un peu dissocié en l’état, on pourrait lui reprocher un manque de personnalité. ***

Pic Saint Loup, Esprit de Haut-Lirou 2001
La robe est grenat sombre et le nez porte sur du sirop de cassis et un peu les épices. Les tanins sont souples en attaque, un peu lâches, et le vin manque de longueur. La finale, quant à elle, est un peu dépourvue de peps et de nervosité. ***

Montpeyroux, Domaine d‘Aupilhac 2001
La robe est sombre et le nez développe un petit côté chewing-gum au fruit, un peu amylique, mais agréable, rehaussé par des notes mentholées fraîches. La bouche est harmonieuse, ample et progressive, les tanins sont soyeux et la finale est très belle, intégrée et linéaire. ****

Coteaux du Languedoc, Château de Saint-Martin de la Garrigue
La robe est noire, le nez puissant, concentré, sur des notes de fruits noirs, avec un petit côté animal. Le bois sait se faire discret même si sa présence se ressent légèrement. La bouche est puissante mais équilibrée, corsée et concentrée, ne manquant pas de charme ni de finesse malgré tout. ****

Les Grandes Costes 2001
La robe est grenat. Le nez est très aromatique, sur le cassis, le menthol et le moka. La bouche manque d’un peu d’amplitude, les tanins sont lâches mais la finale sait demeurer persistante. ***

Domaine des Crès Ricards, Stécia 2002
La robe est plus sombre que le précédent mais on retrouve des arômes très frais de cassis et de menthol. La bouche est mieux structurée, aimable, bien équilibrée, toujours dans un registre frais, grâce à une acidité enrobée bienvenue. Un vin de plaisir. ***(*)

Terre Inconnue, Léonie 2002
La robe est grenat. Le nez est marqué par un côté balsamique, avec un peu d’acidité volatile. La bouche possède la qualité de ses défauts, à savoir la présence d’un léger gaz, de tanins friands et croquants, accrocheurs, qui rendent la petite sucrosité finale digeste. Un vin imparfait, qui ne plaira pas aux puristes, mais avec lequel je me régale! ***(*)

Domaine de la Sauvageonne, Pica Broca 2002
La robe est sombre. Au nez, l’élevage est encore un peu marqué, mélange de fruits épicés et vanillés. Les tanins sont soyeux, l’attaque est ronde, mais le vin manque d’un peu de corps et de longueur. La finale est moyenne. **(*)

Mas Lumen, La Sylve 2002
La robe est sombre, le nez un peu fermé, juste poivré. Les tanins sont lisses et denses, mais du coup manquent d’un peu de relief pour l’instant. A attendre probablement un peu. ***

Terre Inconnue, Los Abuelos 2002
La robe est encore sombre, mais brunit légèrement à l’exposition en pleine lumière. Le nez regorge de petits fruits, de cassis surtout. Si la bouche comporte à peine de gaz, cela apporte essentiellement de la fraîcheur à une bouche énorme de concentration et à la longueur interminable. Grande finale dans laquelle se fond progressivement l’alcool que l’on retrouve un peu dans la rétro. Très beau vin! *****

Clos Roca 2003
La robe est sombre, concentrée. Le nez, c’est de la confiture de griotte, avec un peu de kirsch dedans, et une petite note d’élevage. En bouche, les tanins sont superbes, veloutés, serrés, concentrés, et si l’alcool est bien présent, l’impression globale est celle d’un vin équilibré. Finale agréable sur la cerise kirschée pour une bouteille très séduisante. ****

Mas Conscience, L‘As 2003
La robe est sombre. Le nez révèle un fruité assez pur et éclatant, sur la cerise, l’amaretto, l’amande amère. En bouche, puissance et concentration s’allient à la finesse et à l’élégance. De l’alcool qui monte en puissance jusque dans la finale, donnant un petit côté Armagnac au vin, mais sans excès ni lassitude. Un style très particulier qui m’a fait évoquer la Petite Sibérie. Perdu! Mais j’ai beaucoup aimé! *****

La Petite Sibérie 2003
C’était finalement la dernière bouteille, La Petite Sibérie! Une robe noire comme de l’encre avec des notes boisées qui prédominent au nez. La bouche fait un peu l’effet d’un rouleau compresseur, avec une concentration phénoménale et une puissance hors du commun. Un vin solaire, un peu monstrueux en l’état, avec un alcool qui chauffe le gargamel à la déglutition (Eh! Oui, j‘en ai avalé un peu!). Je n’ai pas retrouvé ici la finesse et l’élégance de ma première rencontre avec ce vin, qui se présentait un peu trop massif ce jour de retrouvailles. Un vin qui sera controversé, forcément, mais que je ne peux m’empêcher de trouver bon quand même, et qui devrait l’être encore plus dans quelque temps. Il ne laissera en tout cas pas indifférent. ***(*)

Le Top 5 de cette série, juste pour dégager les bouteilles que j’ai le mieux appréciées ce jour-là: Los Abuelos, L’As du Mas Conscience, Aupilhac, Clos Roca, Saint-Martin la Garrigue, Syrrhus. Damned! Encore 6!

Olif




REVEVIN 2005 : le Top du Languedoc

Date: le 10/05/2005 à 19:11

Première dégustation de ces REVEVIN acte 2. Ont été conviées quelques-unes des plus belles cuvées produites en Languedoc, avec un intrus du Roussillon. Les vins sont dégustés en ¾ aveugle, la liste étant en théorie connue, mais comme elle n’a pas été véritablement mémorisée…! Huit 2001, trois 2002 et un 1998! Les vins sont commentés dans l’ordre de la dégustation, les bouteilles ne seront dévoilées qu’à la fin.

Pour les inconditionnels de la note (et aider à la hiérarchisation des vins), je reprendrai l’échelle de notation utilisée pour les dégustations bordelaises en primeur, à savoir:

****** Vin hors classe
***** Excellent vin
**** Très bon vin
*** Bon vin
** Vin correct, sans plus
* Vin insuffisant ou présentant un défaut

La possibilité d'ajouter une (*) peut signifier que le vin est entre les deux catégories, mais aussi qu'on le sent potentiellement dans la catégorie supérieure, même si on l'a un peu moins bien goûté ce jour-là.




Ku-Klux-Klan-guedoc!  Sans connotation raciste aucune, puisque sous les manteaux blancs, les robes sont noires!grinning smiley

Les Ruffes 2003, Domaine de la Sauvageonne
Petite mise en bouche sympathique, non à l’aveugle, avec cette cuvée volcanique des Ruffes, découverte l’année dernière, au fruité toujours bien croquant, mais qu’il faut songer à terminer gentiment pour ceux qui en ont encore en cave. **

Romain Pauc 2001
Robe grenat, avec des reflets légèrement brique orangés en pleine lumière. Au premier nez, c’est le bois qui domine, presque outrancier. Puis viennent un peu de fruit cuit et des épices. En bouche, si le vin a du corps en attaque, les tanins sont lisses, un peu asséchants en finale, sur une pointe d’amertume. Un vin qui donne la sensation d’être un peu dissocié et trop pommadé! **

Daumas Gassac 2001
La robe est grenat brillante. Le nez est un peu fermé, avec un léger cassis épicé sur un boisage discret mais néanmoins présent. Si le vin paraît étoffé en attaque, la finale est très en deça, fuyante et acide, très austère. Pas si surprenant que cela que cette bouteille-là se soit avérée être Daumas Gassac, finalement, car je ne l’ai jamais vraiment bien goûté dans sa jeunesse! **(*)

Puech de Glen 2001, Domaine de la Sauvageonne
La robe est sombre. Si le nez présente également une note boisée, il respire plus intensément le fruit, avec une petite touche chocolatée. Dense, profonde et concentrée, la matière est riche et belle, avec un énorme potentiel. La petite note d’élevage devrait s’intégrer sans trop de problème. Une retrouvaille (en ce qui me concerne) très convaincante avec cette cuvée! ****

Mas Jullien 2001
La robe est sombre et opaque. Le premier nez donne une sensation de boisé végétal d’où surnagent quelques notes de fruits rouges. En bouche, les tanins sont lisses, manquant d’accroche, et si le volume est convenable en attaque, la finale est fuyante, asséchante et acide. Un vin qui se goûte très mal en ce moment, c’est une vraie déception! **(*)

Borie de Maurel, Sylla 2001
La robe est sombre, mais prend des reflets de terre battue en pleine lumière. Le premier nez est plutôt surprenant et complexe, réunissant bon nombre d’ingrédients d’une bonne cuisine provençale: artichaut, asperge, tapenade,… A l’aération, cela s’affine, se précise, se définit mieux vers l’olive noire, avec une élégance certaine. La bouche est ample et riche, les tanins sont bien fondus et s’intègrent petit à petit dans une très belle et longue finale, à peine perturbée par une petite rétro alcooleuse. ****

Domaine Barral, Jadis 2001
La robe est sombre et opaque. Le nez est très précis, sur des notes de cerise griotte et de cacao. Très belle bouche sur des tanins friands, avec une finale légèrement alcoolisée qui finit par se diluer dans la longueur. Un style résolument à part, que j‘apprécie beaucoup, même si je ne l‘ai pas goûté de la même façon que lors de notre précédente rencontre, il y a moins d‘un mois! ****

Domaine du Gravillas, Lo Vielh 2001
La robe est sombre, comment pourrait-il en être autrement? Le premier nez est très finement grillé, très élégant, puis surgit un fruité très pur et éclatant, souligné par une touche de fraîcheur mentholée. La bouche reste dans le registre de l’élégance raffinée, avec des tanins bien enrobés et une belle acidité longue et fraîche. Rustique, le Carignan? Un vin magnifique, oui! *****

Le Clos des Fées 2001
La robe est presque noire, à l’image du radis du même nom. Radis noir que l’on retrouve étonnamment au nez, dans une flaveur épicée qui rappelle le raifort. La bouche est fumée et minérale, dense avec des tanins serrés. Le seul vin de la série pour lequel le terme de minéralité me vient à l’esprit! La finale est dans le genre costaud, avec de la mâche et un petit côté chaleureux. Un très beau potentiel! ****(*)

Saint-Chinian Borie La Vitarèle, Les Schistes 2002
La robe est grenat sombre, à peine trouble. Le nez est très ouvert, sur un fruité épanoui, avec une touche de réglisse. On retrouve bien là la fraîcheur réjouissante de nombre de 2002 en Languedoc! Une bouche aimable aux tanins larges pour un vin de plaisir immédiat dont il ne faut pas se priver. ***

Fitou Jean Sirven 2002
La robe est noire à reflets prune. Le nez est d’une grande maturité de fruits, légèrement torréfié, puis revient sur le cassis. La bouche est volumineuse, aux tanins denses, longue et racée, puis se perd dans une très belle finale aux saveurs épicées. Un très beau vin! ****

Terre Inconnue Sylvie 2002
La robe est noire, violine sur les bords. Le nez déborde de fruits sur une petite note grillée torréfiée. La bouche en impose! Riche et puissante, mais douce en même temps! Grasse et onctueuse, mais fraîche en même temps! Avec une petite sucrosité que l’on peut apprécier diversement, mais qui permet une intégration progressive de l’alcool sans fatiguer la bouche. Seule la finale le voit s’imposer, en fait. Un vin hors normes qui est tout de même diablement séducteur et qui devrait encore mieux s’équilibrer dans le temps! ****(*)

Prieuré Saint-Jean de Bébian 1998
La robe est encore soutenue mais présente des nuances pruneau témoignant de son évolution. Le nez m’évoque le bonbon Sugus au cassis, par son côté un peu acidulé, et une petite touche végétale. La bouche est relativement souple, avec des tanins un peu lâches, entièrement fondus, mais possède encore de la longueur. Un vin plutôt plaisant mais qui semble arrivé au bout de la route! ***

Une série plutôt bien homogène, avec des vins globalement plutôt bons, si l’on excepte les trois qui ne se goûtaient pas bien ce jour-là (Romain Pauc, Daumas Gassac et Mas Jullien) et Bébian 98, arrivé un peu en bout de course. La palme revient sans conteste à Lo Vielh, talonné de près par Sylvie et le Clos des Fées. Tous les autres se tiennent dans un mouchoir de poche, celui du Top du Languedoc, témoignant du grand potentiel de la région!

Mon Top 5 du Languedoc ce jour-là: Lo Viehl, Sylvie, Clos des Fées, Sylla, Jean Sirven, Puech de Glen. Mince! Ça fait 6!

Olif

2èmes Rencontres Vendéennes autour du Vin, en léger différé de Saint-Jean de Monts!

Date: le 09/05/2005 à 13:20

Avant les différents commentaires de dégustation, les LPViades en images.


Le Chai Carlina, le temple de ces 2èmes LPViades!




Pontarlier-Saint-Jean de Monts en Rosalie, ça mérite bien un petit verre de Fiefs Vendéens à la terrasse du Chai Carlina!




Vendredi, 10h30! Les premiers participants sont dans les starting-blocks!




C'est parti!




Fin de la première manche! Certains sont déjà en train de refaire le match!




Deuxième jour, la Bourgogne en Vendée. C'est par là-bas, semble indiquer Phil85!




L'heure du Grand Troc! ça marchande dur!




Boire du Château Chalon, ça allume drôlement le regard, quand même!




Le Layon de Philippe Delesvaux, le dessert de ces 2èmes LPViades!




Après la fête, blues! Il va falloir passer à la plonge!


Tout ça pour dire qu'on reviendra l'année prochaine! Merci aux 2 Philippe pour leur organisation sans faille!



Olif

Pupillin : du blanc au pays du Ploussard !

Date: le 03/03/2005 à 12:30

Blanc sur rouge, rien ne bouge ! Encore pas loin de 15 cm de neige bien gelée par une température de -5°C, voilà  une vision inhabituelle du vignoble de Pupillin pour un début mars !

Skier dans la Côte de Feule, un spectacle auquel nous avons presque failli assister, puisque Pierre Overnoy était en train de dépoussiérer ses vieux skis de descente pour une randonnée sur les coteaux de Pupillin, tandis que nous dégustions en compagnie d'Emmanuel Houillon !

Pour le plaisir des yeux, en prélude au compte-rendu qui va suivre, quelques clichés pris au Belvédère du vignoble, un superbe point de vue qui permet d'embrasser d'un seul coup d'oeil les plus belles parcelles de l'appellation.




Un endroit qui se veut instructif, avec table explicative du terroir,


convivial, véritable lieu de vie avec barbecue pour le pique-nique, et commémoratif, puisqu'on y a enterré 100 bouteilles de Ploussard pour faire la fête en 2010.



Il ne reste qu'à  souhaiter qu'une momie ne se soit pas laissée enfermer dans le sarcophage avec les bouteilles, car pour le coup, il ne resterait que des cadavres !

Olif

21 août 2005

Domaine Gérard et Bruno Schueller

Date: le 11/11/2004 à 16:34

Troisième étape du périple alsacien de LPV et retour à  la base, au domaine Gérard Schueller, à Husseren-les-Châteaux, au pays de l'Eichberg, du Pfersigberg et du Bildstoecklé. Les trois châteaux d'Husseren sont en fait au nombre de cinq, mais on ne les voit pas tous sur la photo!


Nous retrouvons Bruno dans la cave, au milieu d'un joli foutoir savamment organisé. Les 2004 chantonnent encore gaiement dans un coin mais nous attaquons d'emblée avec les 2003.

Pinot blanc 2003
Un vin sans soufre qui possède une rondeur et une vivacité plus que satisfaisantes pour le millésime.

Pinot blanc 2003 3KL
Issu d'une parcelle dénommée ainsi pour je ne sais plus quelle raison, il allie grande concentration et très belle acidité pour un 2003!

Riesling Pfersigberg 2003
Sans soufre, visiblement très mûr, il joue sur les agrumes et des notes très originales de banane séchée. Très bien pourvu en acidité.

Le verre est dans le fruit 2000
Minéral, bien typé riesling au nez, à  mon humble avis, il s'est néanmoins vu refuser l'agrément en Grand Cru Pfersigberg. J'avoue honteusement en avoir oublié la raison! Un vin pourtant bien vivant, un régal pour le palais!

Riesling 1983
Une bouteille des débuts de Bruno, qui nous démontre que le potentiel est là  depuis déjà  bien longtemps. Année très mûre, il y a même eu un départ de botrytis. C'est pourtant d'un vin très sec, minéral à  souhait, presque acéré, dont il s'agit. Très beau!

Riesling Eichberg VT 1996
96, une année à  acidité très haute, difficile. Cet Eichberg a pourtant été récolté très mûr, au niveau d'une vendange tardive, puisqu'il le revendique. Il est pourtant bien plus sec que nombre de vins secs, notamment en 2003. Un vin parfait pour la table, à  associer à  un beau sandre d'Alsace.

Zeroo Default 2000
Un Eichberg Grand Cru refusé à  l'agrément également. Son côté surmaturé sec, presque oxydatif, a dû surprendre. Pourtant, c'est très beau et cela ne masque aucunement la minéralité.

Riesling Pfersigberg 2001
Dans un registre également très mûr, riche et sec en même temps, grâce à  sa belle structure acide.

Riesling Bildstoecklé 2001
Le Bildstoecklé, une jolie croupe, légèrement arrondie qui a permis l'accumulation de 20 cm de terre légère sur un sous-sol calcaire.

De la maturité, évidemment, il y en a, sur les agrumes, mais un vin qui reste très sec tout en possédant une certaine rondeur.

Riesling Pfersigberg H 2001
Une parcelle spécifique dans le Pfersigberg. Puissant et riche, dans un registre oxydatif, miel, cire et encaustique, j'aime beaucoup.

Riesling Eichberg 2001
Il possède plus de rondeur que le Pfersigberg, du fait d'une perception plus importante du sucre résiduel. Ample et large.

Gewurtztraminer Bildstoecklé SGN 2000
Changement de style pour ce vin à  la robe jaune flashy et au nez confit et rôti, du botrytis à  l'état pur, où perce la minéralité de type mine de crayon. L'acidité est très élevée, impressionnante pour un Gewurtz, entretenant une fraîcheur extraordinaire. Un vin miraculeux, pour plein de raisons.

Pinot Gris SGN 1989
Une cuvée 200% de bois neuf, 2 fois 3 ans en fait, de façon un peu involontaire. Le résultat est surprenant! La bouteille a été ouverte la veille et le vin a un peu perdu de son peps, mais quelle richesse! La robe est ambrée, le nez d'abord pharmaceutique, sirop anti-tussif, part dans un registre très sec, moka, café, fruits secs, à  la manière d'un Château Chalon! Et c'est pourtant une sélection de grains nobles! Etonnant!

Riesling Bildstoecklé SGN 1990
Sans filtration et sans SO2 pendant l'élevage (juste à  la mise). Un vin d'une densité exceptionnelle, un régal pour les sens, une des plus grandes, si ce n'est LA plus grande bouteille du week-end.

On ne pouvait pas faire mieux que rester sur cette dernière bouteille! Des vins vivants, en liberté, et un domaine réellement attachant . Où l'on apprend que l'on peut récolter à  un très haut niveau de maturité et faire des vins totalement secs, même en VT. Le paradoxe alsacien poussé à  l'extrême, qui nécessite un apprentissage, mais qu'il est bon d'apprendre en telle compagnie!

Olif


En post-scriptum, les notes, plus succinctes, de la visite au domaine Jean-Paul Schmitt, le roi du Rittersberg, une vraie belle découverte d'un exceptionnel rapport Q/P:

Date: le 11/11/2004 à 21:04

L'accueil au domaine Jean-Paul Schmitt, très cosy, fut effectivement à la hauteur des vins. Le rapport Q/P est exemplaire, ce qui m'a permis d'étoffer ma cave en bons vins d'Alsace à  petits prix.

J'ai bien aimé le Riesling Rittersberg 1995, peut-être un peu court, mais à  parfaite maturité pour un vin d'expression simple et droite, donnant tout ce que l'on est en droit d'attendre d'un tel vin. Et 5,90€, c'est franchement donné! Le Riesling Rittersberg 2002, très mûr, mérite encore 3 ou 4 ans de cave pour glisser vers une minéralité plus affirmée, mais est très prometteur. Le Riesling Rittersberg Réserve Personnelle 2002 est effectivement un cran au-dessus: maturité supérieure et petits rendements ont apporté plus de sucre mais celui-ci est bien moins perçu du fait d'une minéralité et d'une acidité plus marquées. J'ai un peu moins accroché avec le Riesling Rittersberg VT 1998, mais je pense que la bouteille aurait mérité plus d'aération.

Très beau Pinot gris Rittersberg 2000, quasiment du niveau d'une VT, gras riche et puissant, et magnifique Pinot gris Rittersberg VT 1999, élaboré avec de "vrais" raisins pinots à  petits grains, plus passerillé que botrytis, qui m'a semblé plus équilibré. Un vin introverti pour Jean-Paul, mais il n'y a pas à  beaucoup le forcer pour qu'il se donne et fasse voler ses dentelles!

Le Gewurtztraminer Rittersberg Réserve Personnelle 2002 ne possède pas le côté parfois pommadé des GWZ, et son registre aromatique pourtant caractéristique (litchi, rose fanée) s'accomode bien de sa structure assez fine et élégante. Le Gewurtztraminer Rittersberg SGN 1997 m'a épaté par sa race, où le cépage s'efface pour laisser la place à une minéralité épicée et s'offre une petite incursion au royaume de l'oxydation ménagée. Et si le Gewurtztraminer Rittersberg VT 2002 ne s'en tire pas mal non plus, j'ai complètement craqué pour ce Pinot gris Rittersberg SGN 2001, qui s'est vu refuser une première fois l'agrément, injustice fort heureusement réparée, et dont la richesse et la puissance n'ont d'égales que son élégance. A la fois frais et citronné, gras et onctueux, il m'a rappelé les magnifiques cuvées de malvoisie flétrie du Valais, un style effectivement plus atypique de l'Alsace, mais qu'est-ce que c'est beau!

Une réelle vraie belle découverte que ce domaine, merci Vincent!

Olif

 

Domaine Albert Boxler, au royaume du Sommerberg!

Date: le 10/11/2004 à 22:50

Deuxième étape du week-end alsacien, une escale à  Niedermorschwir, au domaine Albert Boxler. Très gentiment reçus par Jean Boxler, malgré une arrivée un peu tardive, le repas de midi n'ayant été pris que vers 14 heures, nous commençons la découverte des vins du domaine par quelques jus de 2004, prélevés sur cuves. Un son et lumière de toute beauté, pour qui n'a jamais fréquenté une cave alsacienne en pleine fermentation alcoolique. Le vin en devenir chante littéralement, grâce à  des bondes à  eau qui respirent au rythme de la fermentation.



Ajouter à  cela la lumière bleutée des pièges à  drosophiles et les vapeurs enivrantes de CO2 qui s'échappent des cuves, tout est réuni pour se sentir sur un petit nuage!

Le vin bourru se porte déjà  bien, jouant sur des notes fermentaires, évidemment, de pomme, mais aussi de châtaigne, de marron chaud. Le sylvaner possède une acidité mordante, alors que les différents rieslings, n'ayant pas encore terminés leurs sucres, se laissent mieux approcher.

A l'étage, nous attend une dégustation des 2003, un millésime difficile par ici, le soleil ayant complètement cuit les raisins du Sommerberg!

Pinot blanc 2003
Issu d'un terrain granitique et assemblé avec de l'Auxerrois, il laisse percevoir une certaine minéralité au nez. La bouche joue sur le fruit, et trahit le déficit en acidité de l'année par son côté alangui, large mais mou. La finale possède un peu d'amertume.

Riesling 2003
Un peu plus séducteur, par son côté agrumes, fruits blancs, et une acidité un peu plus marquée.

Riesling Sommerberg Jeunes Vignes 2003
On progresse graduellement dans la minéralité. Acidulé, légèrement citronné, il associe à  la fois un peu de rondeur et une longueur tout à  fait satisfaisante.

Riesling Brand 2003
Beaucoup de fruit également, ce qui rend les vins peut-être un peu plus lourds qu'à  l'accoutumée, et des fleurs blanches. Rond et enveloppant, avec une petite sucrosité, il est aussi riche et chaleureux. Finale sur l'amertume.

Riesling Sommerberg Eckberg 2003
Une parcelle spécifique dans le Sommerberg qui possède, dans ce millésime, plus de minéralité mais aussi plus d'amertume en finale. Peut-être le plus incisif de tous.

Riesling Sommerberg VV 2003
Une maturité évidente qui associe acidité et minéralité (légèrement pétrolante), mais également un peu plus de sucre résiduel ressenti. Un poil de trop!

Après cet aperçu du millésime 2003, qui fait bien ressortir ses défauts, défauts que Jean Boxler ne cherche nullement à  nous cacher, nous remontons le temps, à  la découverte du visage véritable du Sommerberg.

Riesling VV Sommerberg 2002 E
Aiguisé et incisif, mais néanmoins  très mûr, il joue de sa minéralité sur le fil et ne se prive pas mordre à  nouveau un peu en finale. Un pur!

Riesling VV Sommerberg 2002
Par rapport au précédent, il a perdu le E. Et présente certainement un peu plus de résiduel même si au final il est moins perçu, du fait d'une structure acide encore plus marquée, mais peut-être mieux enveloppée. Très beau!

Riesling VV Sommerberg 1998
D'abord sur des notes de moka et d'agrumes, il évolue sur un registre terpénique et minéral (je n'ose plus dire pétrolant!). Bien construit, riche, il termine sur la minéralité.

Riesling VV Sommerberg 1993
La race d'un vin qui est en pleine phase de maturité. Encore du fruit, mais plus de minéralité, qui préserve le côté vif et incisif. Grande longueur. Le charme et l'élégance!

Pinot gris Sommerberg 2002
Issu de jeunes vignes (3ème feuille), il possède déjà  les caractéristiques de son terroir. Rond, gras et riche, il exprime un beau fruit sachant rester frais malgré les quelques grammes de résiduel.

Pinot gris Brand 2002
Une probable petite note fugace de réduction ne vient pas masquer longtemps la minéralité terpénique de ce beau vin puissant, ample et large, qui s'étire longtemps jusque dans une finale qui voit poindre un chouïa d'acidité.

Pinot gris Brand VT 1999
Un magnifique équilibre demi-sec, à  la longueur phénoménale et à  la fraîcheur mentholée bienvenue. Une très belle bouteille!

Beaucoup d'enseignements à  tirer de cette dégustation en compagnie de Jean Boxler. D'abord, qu'un millésime moins bien réussi par la faute de Dame Nature ne doit pas remettre en cause la qualité d'un domaine, car la volonté de bien faire ne suffit pas toujours, ce qui semble une évidence. Que les grands terroirs nécessitent du temps pour se révéler à  leur optimum (Ah! Le 98 et le 93!). Et que le classicisme alsacien bien intégré produit de grandes choses!

En complément, une note de dégustation sur le Pinot blanc B 2002, en provenance du Brand, que j'ai acheté les yeux fermés sur les conseils de Vincent. Très expressif, sur les fleurs blanches, l'ortie, l'attaque est franche, large, puis révèle toute sa richesse, sans jamais sombrer dans la lourdeur tant le support acide se tient bien. Son caractère tranchant ressort admirablement dans une finale de toute beauté.

Olif

Domaine Marcel Deiss: vins fins de propre récolte

Date: le 10/11/2004 à 13:12



Un domaine qu'on ne présente plus, le lieu de rendez-vous matinal de la rencontre internationale organisée par Vincent, là  où les forces vives belgo-jurassiennes ont rejoint les troupes helvético-belgo-parisiennes aux traits tirés, et qui ont eu du mal à  respecter l'horaire convenu.
On attaque néanmoins les hostilités par le premier vin à  la carte, avec pour objectif l'intégrale (ou presque), même si le temps qui nous est imparti est légèrement restreint!

Burlenberg 1999
Deuxième rencontre avec ce vin en peu de temps, et pas tout à  fait la même impression, probablement parce que la bouteille est ouverte depuis plus longtemps. Plus fondu et ouvert, fruité, floral, avec une petite touche chocolatée, les tanins me semblent relativement souples. Plutôt très plaisant!

Pinot blanc Bergheim 2002
Après un premier nez sur les agrumes, on se retrouve au tableau noir, dans de la poussière de craie, qui accentue la mollesse, sensation procurée par son côté très mûr. Un équilibre précaire, pour ne pas dire incertain!

Riesling Saint-Hippolyte 2002
Un riesling d'entrée de gamme qui place déjà  la barre bien haut! Minéral, avec une sensation légèrement pétrolée, mais interprétée diversement. J'aime son caractère tranchant, incisif, acéré, citronné, ou perce néanmoins la minéralité. D'ailleurs, j'en ai acheté quelques bouteilles.

Muscat 2003
Reflet de ce millésime 2003, son côté muscaté, raisin croquant, est submergé par une sensation de douceur et de sucrosité qui ne lui sied qu'à  moitié. Un peu mou, limite alangui, il a tendance à  s'étioler au fur et à  mesure de la dégustation.

Pinot gris Bergheim 2000
Un client un peu plus sérieux, pas le même millésime non plus! Très mûr et jouant même dans un registre oxydatif, avec ses notes d'agrumes confits, de miel et d'encaustique. La robe est dorée, presque ambrée, le nez puissant, et la belle acidité contribue à  allonger le vin en masquant et équilibrant le sucre résiduel bel et bien présent. Très beau!

Gewurtztraminer 2001
Aromatique typique et assez relevée de gewurtz, sur le litchi et la pétale de rose, pas trop pommadé néanmoins, car la structure suit! Un équilibre très satisfaisant!

Riesling Altenberg de Bergheim 1999
Une grande bouteille, complexe, élégante et raffinée. Mature, avec ses notes de fruits mûrs, se canalisant vers l'ananas en finale, et minérale, avec sa touche légèrement pétrolée, dans le sens noble du terme, il se prolonge interminablement. Beau vin!

Gewurtztraminer Altenberg de Bergheim 1998
Second moment d'émerveillement que ce Gewurtz au nez intense, confit, miellé, jouant sur l'oxydation. Cela ne sent pas le cépage, en fait! Les épices et la tarte tatin caramélisée, sans Chantilly toutefois, viennent finir de compléter le tableau. Un vin de gourmand, en fin de compte! Magnifique!

Engelgarten 2000
Et c'est reparti pour une petite dégustation des vins de terroir, tout juste un mois après la précédente! Très citronné, vif, minéral, légèrement pétrolant, c'est très certainement le plus sec de tous.

Rotenberg 2001
Nez très fin ,citronné légèrement, minéral, évoluant sur les agrumes confits en milieu de bouche, pour mieux asseoir sa richesse, puis retour sur une finale citronnée, acidulée. Beaucoup de classe!

Grasberg 2001
Très mûr, agrumes, caramel, tarte tatin, mais de l'acidité et de la vivacité à  revendre.

Burg 2000
Une minéralité très fine qui s'affirme en bouche, avec une fraîcheur préservée par un petit côté acidulé. Follement élégant!

Gruenspiel 2000
Un vin ample et rond, qui manque peut-être un peu de tranchant. Côté oxydatif prédominant qui se retrouve dans une large finale.

Schoenenbourg 2001
Non prévu d'une manière générale à  la dégustation, il y a justement une bouteille ouverte! Un vin superlatif qui commence par de la retenue. Et puis une grande maturité, une grande minéralité, une grande longueur,…. Je craque!

Altenberg 2001
Issu des vignes en complantation, il séduit par son caractère très mûr et son équilibre plutôt demi-sec. Une petite goutte de pétrole, également! Pas autant de séduction folle que le Schoenenbourg, pourtant!

Une dégustation tout à  fait conforme à  mes attentes, mais qui a été diversement appréciée pourtant. Un classicisme débridé, qui met parfaitement en valeur les différents terroirs, et un vigneron en quête d'harmonie. Harmonie entre les cépages et le terroir, entre lui-même et ses vins, avec le millésime en filigrane. Pour ma part, je suis largement convaincu, même si les autres facettes de l'Alsace, que nous découvrirons plus tard, sont tout aussi intéressantes, voire plus.

Olif

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